Aujourd’hui, nous partageons le récit de Nicole qui était venue, l’an dernier, écrire avec nous, lors des Journées européennes du Patrimoine. Elle fait revivre des souvenirs du temps où elle était institutrice à l’école primaire Paul Eluard, dans les années 70. Un témoignage très touchant avec une belle pointe d’humour. Bonne lecture !
C’était une école à l’envers…
1972, Ecole « Paul Eluard » à Bagneux. « Liberté, liberté… » avec un tel parrainage, je ne m’attendais pas à la trouver coincée sous une barre de grands immeubles de béton de 500 mètres de long ! On y accédait même pas par une rue, mais par «le Mail des Tertres» et c’est vrai qu’il y avait de la pente. On racontait qu’un « Prix de Rome » l’avait accrochée, là avec des étages à l’envers. On ne « montait » pas dans les classes. On y « descendait ». On ne « descendait » pas dans les cours, on y «montait ». C’était un peu l’école à l’envers !
Quand il faisait beau, tout allait bien, mais quand le temps était mauvais, tout dépendait du vent. D’un côté, les escaliers avaient bien un mur émaillé de verres colorés, mais de l’autre : c’était les courants d’air. « Pluie droite », pas de dégâts. Mais, « pluie de côté », vous étiez vite trempés et les escaliers se transformaient en cascades. Si l’arrivée finale dans les regards était bouchée, c’était l’inondation.
Quand il neigeait, on grelotait. On savait pourquoi ! « La cour du haut » et « la cour du bas » étaient traversées, en leur milieu, par une traînée grise, bien sèche qui coupait en deux la blancheur immaculée. C’était le passage du tuyau qui venait de la chaufferie perchée sur le haut des Tertres et qui passait sous les immeubles avant d’alimenter l’école. Pour les bagarres de boules de neige, les terrains étaient ainsi bien délimités.
Bien négatif, tout cela, me direz-vous ? Eh, bien, non !
Sur le Mail, tout le monde se connaissait et l’on faisait partie du Mail avant d’être de Bagneux. J’y ai travaillé avec des enfants et des familles de tous les coins du monde. Ils m’ont beaucoup appris sur eux et sur leur pays. A moi, née de « nulle part », comme dit Brassens pour les banlieusards de Paris. Ils m’ont fait voyager, moi qui étais plutôt sédentaire. À mon tour, je leur ai expliqué la France, en long, en large et en travers, du mieux que je pouvais. Qu’en ont-ils retenu ?
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