« Les poèmes perdus » – Léopoldine Hugo

Théâtre Victor Hugo, 11 novembre 2023

Hier, nous vous avons raconté le dispositif transmédia que nous avons imaginé pour la « Nuit du Geste » au Théâtre Victor Hugo et qui y a été présenté par Arianna Fernandez Grossocordón, metteuse en scène de la compagnie Societat Valentinas et ses comédiens.  

Cette déambulation de près d’une heure s’est terminée dans le hall du théâtre. Les phrases trouvées pendant le jeu immersif étaient alors reconstituées en poèmes qui furent lus par les participants (visionner vidéo en bas de page). C’est alors qu’une voix venue des profondeurs résonna entre les murs du théâtre. Celle de Victor Hugo, un revenant, particulièrement heureux non seulement d’accueillir tous ces visiteurs dans sa maison, mais d’écouter les poèmes de ses chers enfants : Léopoldine, Charles, François-Victor, Adèle. Léopold Hugo, son premier fils étant mort en bas âge.

Aujourd’hui, nous vous proposons celui dédié à Léopoldine (1824 – 1843) qui connut un destin tragique, morte noyée à 19 ans à Caudebec. Il a été imaginé par Annie, écrivante d’A Mots croisés.

A cause du vent le canot s’est renversé

A Caudebec je me suis noyée

Me voilà jeune macchabée

J’t ai pas dit au revoir, pas question de t’oublier

Pour mémoire

Léopoldine et son époux, Charles Vacquerie, doivent se rendre chez Me Bazire, le notaire de Caudebec, à une demi-lieue de Villequier, où ils avaient affaire au sujet de la succession du père de Charles, récemment décédé.

Le couple monte dans le canot avec leur oncle. Ils arrivent à Caudebec, où ils rencontrent le notaire qui tente de les dissuader de retourner par la rivière parce qu’il ne fait pas de vent et qu’ils feraient la route trop lentement. Il leur propose donc sa voiture pour les reconduire à Villequier. Les voyageurs refusent et reprennent leur canot.

L’oncle Vacquerie tient la barre du gouvernail lorsque tout à coup, entre deux collines, s’élève un tourbillon de vent qui s’abat sur la voile et fait brusquement chavirer le canot. Des paysans, sur la rive opposée, voient Charles reparaître sur l’eau et crier, puis plonger et disparaître, ainsi à plusieurs reprises. Les paysans croient à un jeu. En réalité, Charles tâche d’arracher sa femme qui, sous l’eau, se cramponne désespérément au canot renversé. Charles est excellent nageur, mais Léopoldine, qui ne sait pas nager, s’accroche au canot avec l’énergie du désespoir. Les efforts de Charles restent sans succès. Il se noie aux côtés de Léopoldine.

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Lecture lors de la Nuit du Geste – Groupe Didine (Léopoldine)

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