C’est aujourd’hui Francine qui vous invite à suivre l’évolution de la famille de 1976 à 2001 ! Bonne lecture !
Fêtes de famille
Début juin 1976 – Sur le barbecue crépitent les merguez, les chipolatas, les carrés de bœuf piqués sur des brochettes accompagnées de morceaux de tomates, de poivrons et de rondelles d’oignon.
Les hommes, mes oncles et mon père, s’occupent du repas. Debouts devant le grill une bouteille de bière à la main, ils discutent des dernières infos de la semaine, passant de la politique avec l’intervention de Georges Marchais critiquant la politique de Giscard, à l’évolution de la caméra super-8 avec le son, puis vers le foot racontant les buts de Saint-Étienne, vus sur leurs télés en noir et blanc, et finissant par chanter en chœur « Allez, qui c’est les plus forts, évidemment c’est les verts, on a un bon public et les meilleurs supporteurs, on va gagner, ça c’est juré, allez .. »
Les femmes, mes tantes et ma mère, préparent la salade de tomates avec de belles tranches d’oignons rouges et du persil. Elles sortent les assiettes en carton et les verres en plastique blanc de leur sachet et les placent sur la table installée dans la grande cour.
Nous, les enfants, ma cousine, mon cousin, mon frère et moi, trions les 45 tours, ce soir, c’est la fête et il faut danser. Alors, Dancing Queen d’Abba, une chanson française de Claude François avec notre chorégraphie, « Je vais t’aimer » de Sardou pour les slows et « La bonne du curé » pour rigoler. Mon cousin veut faire une imitation de Johnny Hallyday et s’entraîne devant la glace dans sa chambre suivant les conseils de mon frère. Nous allons mettre de l’ambiance pour les 20 ans de ma cousine.
Noël 1986 – Maintenant, c’est chez moi que se réunit la famille, parents, frère et sœur, belle-sœur, beau-frère, neveux et nièces. Le sapin brille de mille feux avec sa nouvelle guirlande. Justin, mon petit garçon de quatre ans a soigneusement installé ses petites baskets sous l’arbre, il est excité. Sa grand-mère le calme en lui lisant une histoire du petit lapin garou, installée dans le canapé du salon. Dans la cuisine, c’est le bazar. L’ouverture des huîtres par ses messieurs, a laissé sur le plan de travail torchons sales, coquilles vides et eau salée. Le nettoyage m’attend pour rendre la cuisine en état pour la suite du repas. Dans le four, cuit le chapon accompagné de ses marrons et petites pommes de terre. Devant la télévision couleur, les invités regardent les dernières nouvelles, grèves qui perturbent les transports et vague de froid dans les Alpes, puis l’émission de variétés de la soirée présentée par Jean-Claude Narcy. La table est dressée avec la nappe rouge, cadeau de ma belle-mère, service à vaisselle de fête et déco de Noël. Le repas peut commencer dans la bonne humeur et avec des blagues sur le Père Noël. Dès que mon fils sera endormi, nous pourrons mettre sous le sapin les cadeaux, peluche kiki, tableau noir, télécran, camion de pompiers. Tout est prêt pour notre réveillon en famille.
Noël 2001 – Les enfants sont grands. Nous passons les fêtes de fin d’année dans notre maison de campagne. Papa est arrivé avec mon frère, sans maman qui nous a quittés depuis plusieurs années. Ma belle-sœur, elle non plus n’est pas là, après le divorce d’avec mon frère, ainsi que leur fille qui passe Noël avec elle. Nos voisins sont venus avec le gigot cuit, comme prévu, que je mets dans le four tiède. Le repas se passe calmement, les conversations revisitent les événements de l’année, le 11 septembre a beaucoup marqué les esprits, la guerre en Afghanistan qui s’en est suivi. Les enfants racontent avec fougue, l’histoire des films qu’ils ont vus, le Seigneur des Anneaux, Ocean’s Eleven. Avant minuit, notre voisin nous demande de mettre la télé pour voir Jean-Paul II nous livrer son message de paix. Rapidement, l’ambiance se fane et des bâillements se font entendre. Pour faire revivre la soirée, je sors mes petits paquets de pièces que j’ai commandés à la banque : les euros, pour que chacun puisse découvrir la monnaie que nous allons utiliser dans les prochaines années.
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