« Le monde entier est toujours là »

Comme expliqué dans un précédent post, nos écrivants se sont prêtés à un exercice d’écriture collaborative. Voici l’un des rengas écrit en atelier, sans contrainte (syllabique et autres). 

Nous publions également le poème « Tu es plus belle que le ciel et la mer » de Blaise Cendrars, dont le premier vers de la dernière strophe a été le déclencheur d’écriture pour l’expérimentation de ce renga. 

Bonnes lectures ! 

✍🏻✍🏻✍🏻

Le monde entier est toujours là

Et moi je regarde de ma fenêtre 

Le mouvement permanent de ces étranges êtres

Qui passent et repassent devant moi. 

Le monde entier est toujours là

Plein de choses surprenantes. 

Des poissons nagent entre les nuages,

Des arbres poussent à l’envers, 

Des fleurs chantent dans les rivières,

Des oiseaux sautent à l’unisson. 

C’est le monde à l’envers, je ne le reconnais plus.

Les hommes ne se parlent plus, ils s’entretuent,

Et, depuis ma fenêtre je les surveille. 

Les armes s’affolent, je ne sais plus que faire. 

Je ne reconnais plus ce monde que j’aimais tant. 

Je crie, les sons ne sortent pas. 

Revenez à vous, l’humanité est belle. 

Elle est belle, mais aussi tellement fantastique et cruelle. 

✍🏻✍🏻✍🏻

C’est le premier vers de la dernière strophe du poème de Blaise Cendrars « Tu es plus belle que le ciel et la mer » extrait de Feuilles de route (1924) qui a été source d’inspiration pour nos écrivants.

Quand tu aimes il faut partir

Quitte ta femme quitte ton enfant

Quitte ton ami quitte ton amie

Quitte ton amante quitte ton amant

Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein de nègres et de négresses

Des femmes des hommes des hommes des femmes

Regarde les beaux magasins

Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre

Et toutes les belles marchandises

II y a l’air il y a le vent

Les montagnes l’eau le ciel la terre

Les enfants les animaux

Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre

Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir

Chanter courir manger boire

Siffler

Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir

Ne larmoie pas en souriant

Ne te niche pas entre deux seins

Respire marche pars va-t’en

Je prends mon bain et je regarde

Je vois la bouche que je connais

La main la jambe l’œil

Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là

La vie pleine de choses surprenantes

Je sors de la pharmacie

Je descends juste de la bascule

Je pèse mes 80 kilos

Je t’aime

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