Comme expliqué dans un précédent post, nos écrivants se sont prêtés à un exercice d’écriture collaborative. Voici l’un des rengas écrit en atelier, sans contrainte (syllabique et autres).
Nous publions également le poème « Tu es plus belle que le ciel et la mer » de Blaise Cendrars, dont le premier vers de la dernière strophe a été le déclencheur d’écriture pour l’expérimentation de ce renga.
Bonnes lectures !
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Le monde entier est toujours là
Et moi je regarde de ma fenêtre
Le mouvement permanent de ces étranges êtres
Qui passent et repassent devant moi.
Le monde entier est toujours là
Plein de choses surprenantes.
Des poissons nagent entre les nuages,
Des arbres poussent à l’envers,
Des fleurs chantent dans les rivières,
Des oiseaux sautent à l’unisson.
C’est le monde à l’envers, je ne le reconnais plus.
Les hommes ne se parlent plus, ils s’entretuent,
Et, depuis ma fenêtre je les surveille.
Les armes s’affolent, je ne sais plus que faire.
Je ne reconnais plus ce monde que j’aimais tant.
Je crie, les sons ne sortent pas.
Revenez à vous, l’humanité est belle.
Elle est belle, mais aussi tellement fantastique et cruelle.
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C’est le premier vers de la dernière strophe du poème de Blaise Cendrars « Tu es plus belle que le ciel et la mer » extrait de Feuilles de route (1924) qui a été source d’inspiration pour nos écrivants.
Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t’en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l’œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime
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