« Il y a… »

Pour cet atelier à l’Hôtel littéraire Arthur Rimbaud, Marie-Laure Rossi, intervenante, nous invite, dans un premier jeu d’écriture, à investir le lieu avec tous nos sens, à écouter nos émotions, et à partir sur les traces de Arthur Rimbaud qui écrivait dans les « Illuminations – Enfance » :

Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.

Il y a une horloge qui ne sonne pas.

Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.

Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.

Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.

Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.

Nous partageons ici les perceptions et ressentis de nos écrivants, Adélaïde, Anne B., Annie, Francine, Jean-François et Virginie. Bonne lecture de ce jeu d’écriture autour du « Il y a… », dans les salons de l’Hôtel littéraire Arthur Rimbaud !

Adélaïde 

Il y a le bruit des roulettes qui glissent et heurtent le sol.

Il y a les singes tissés au mur qui nous observent.

Il y a les pas d’un enfant qui rythment les pensées à l’étage.

Il y a des lumières jaunes.

Il y a le goût du chocolat qui envahit la langue.

Il y a la chaleur enveloppante.

Et il y a les gouttes qui frappent les passants derrière la fenêtre.

Anne B.

Il y a cette banquette de velours bleu qui incite à la rêverie ou à l’oubli de soi-même. 

Il y a ces poutres imposantes dressées comme deux statues fières, gardiennes de ce temple. 

Il y a ces cursives et ces arrondies, couchées de la main du poète ardennais. 

Il y a ce papier peint aux couleurs mystérieuses et sombres qui invite à s’évader de ce décor parisien. 

Il y a cette quiétude que rien ne vient troubler hormis les pas d’un pas d’un enfant qui ne peut jouer dans la ruelle. 

Il y a ce portrait comme une empreinte indélébile dans nos mémoires. 

Il y a nous qui, pour un après-midi, voyageons sur les traces du rêveur révolté. 

Annie

Il y a une cheminée, vidée de bûches, mais remplie de bougies. Pourquoi ? 

Il y a des odeurs de miel, de gâteaux, de café, de thé qui titillent mes papilles endormies. Pourquoi tout ce tralala ? 

Il y a des bibliothèques avec plein de livres, des petits, des grands, des gros, des maigres, dans toutes langues du monde (ou presque). Pourquoi ?

Il y a des textes de Rimbaud encadrés au mur. Certains sont calligraphiés, comme ceux d’Apollinaire. Pourquoi ?

Il y a un enfant qui court à l’étage. Pourquoi ?

Il y a un groupe de personnes qui écrivent. Pourquoi ? 

Il y a un silence qui s’installe, un fauteuil vide. Celui du poète ? Pourquoi ?

Francine

Il y a, à l’entrée, un comptoir en bois clair garni de gâteaux odorants et appétissants.

Il y a cette couleur verte, sur la tapisserie des murs, le velours des fauteuils, les coussins sur la banquette, la peinture des meubles et de la cheminée.

Il y a un groupe de personnes installé à la table centrale, concentré sur leurs feuilles ou leurs cahiers.

Il y a des livres dans les différentes bibliothèques et qui sont à la disposition des amateurs de bonnes lectures.

Il y a des textes et des gravures encadrés sur les murs.

Il y a des voilages blancs à mi-fenêtre pour que la lumière entre dans la pièce.

Il y a des tables, des fauteuils de couleur orange et des chaises en bois qui attendent la clientèle.

Il y a du bruit au-dessus de nos têtes, des enfants courant à l’étage.

Jean-François 

Il y a des grands miroirs où l’on voit la lumière.

Il y a des pâtisseries dont le parfum titille les narines.

Il y a des écrivaines et écrivains studieux, Il y a une liberté dessinée sur les murs.

Il y a des singes dans la forêt, Il y a une bibliothèque remplie.

Il y a un photographe avec son smartphone.

Virginie 

Il y a des fleurs emprisonnées et des singes en liberté.

Il y a ce cahier posé sur une courbe émouvante.

Il y a nos visages concentrés, nos mains qui courent sur le papier.

Il y a cette atmosphère surannée si proche du passage Brady, épicé.

Il y a deux poutres maladroites dans un décor léché.

Il y a des sabliers de mots.

Et il y a Rimbaud.

Éternel adolescent.

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Photos :

@annyelleparis @marielaurerossi

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