« Je me souviens… » – Animation d’écriture à la Villa Garlande

Dans un deuxième temps d’écriture, Annie, intervenante d’A Mots croisés a invité les participantes -âgées de 73 à 102 ans- à raconter un instant de vie, un souvenir, une rencontre, une scène en lien avec le retour des beaux jours, sur la beauté du printemps.

Soulignons que cette parenthèse d’écriture a été fortement appréciée par les résidentes, passionnées par le sujet au point d’étirer le plus longtemps possible les temps d’écriture. Elles ont littéralement calligraphié leur texte dans une orthographe impeccable et sans aucune rature ! Preuves que même quand on avance en âge, le plaisir d’écrire est toujours là. Bravo, Mesdames ! 

Leurs témoignages à chaud : 

« J’ai eu plaisir à revoir (par la pensée) certaines journées de printemps, à retourner dans mes souvenirs, à penser à ma mère. »

 « C’était au début un petit peu stressant quand même d’écrire dans un temps donné. »

 « C’était bien de savoir que vous demandez quelque chose et qu’on est capable de sortir une émotion qu’on ressent et qu’on n’aurait jamais partagé avec personne. »

«  Vous revenez quand ? »

Nous partageons leurs récits colorés, fragiles, sensibles qui révèlent également le pouvoir des mots sur notre bien-être mental. Bonne lecture !

Christiane

Il était une fois, au mois de mars, une journée de printemps, où la lumière éclate de partout. Les oiseaux nombreux chantent de tous les côtés. La vie émerge. Les feuilles poussent sur les arbres, partout. Les bourgeons éclatent. C’est la vie qui revient. Les journées grandissent, et l’espoir avec.

Christine 

Par un matin de printemps, je suis partie à la chasse aux papillons. À l’orée du bois, l’herbe était toute fraîche, d’une couleur lumineuse, un vert jaune intense. Quelques papillons voletaient. Ils étaient timides, faciles à attraper. Mais dans ma boîte, ils avaient l’air si malheureux, je les ai relâchés. 

Dans le bois, c’était l’émerveillement du printemps. Les arbres s’élançaient vers le soleil. En même temps, ils abritaient une nature effervescente. Des lièvres qui couraient d’un terrier à un autre. Des mulots. Et tout un tas de petits insectes. Une myriade de papillons. Le soleil qui se faufilait à travers les branches faisait ressortir leurs couleurs. Couleurs acidulées et douces du printemps. Ils étaient si beaux que j’ai renoncé à les enfermer dans ma boîte sombre.

Jane

Je me souviens d’une promenade en forêt quand j’avais 8-10 ans. Avec mon panier, je ramassais une bonne quantité de champignons et aussi des fleurs fraîchement écloses. Le soleil faisait craquer les bourgeons de chêne. Toute une symphonie de sons et de parfums.

Josiane

Je me souviens, j’allais dans les bois chercher des champignons, des girolles, des jaunottes, avec mon panier. Il y avait des oiseaux qui chantaient, des vers de terre qui sortaient, des limaces, des coccinelles que je mettais sur ma main. Je leur disais : « Vas dire au bon Dieu qu’il fasse beau dimanche ! ». J’étais heureuse. Quand je trouvais une marguerite, je l’effeuillais : « Je t’aime beaucoup, passionnément, à la folie ». Je pensais à ma maman, qui s’appelait Marguerite et que j’aimais beaucoup. Elle sera toujours dans mon cœur.

Marisol

Je me souviens de mes jours d’enfance, quand le printemps éclatait brusquement nous surprenant joyeusement. 

Alors commençait ma « tournée des violettes ». La violette blanche, aux pétales veloutés, épais. La violette grisée, aux pétales transparents. Et la violette courante, qui poussait partout. Je venais leur dire bonjour, fidèlement, chaque année. Les violettes blanches étaient mes préférées, rares sur les fossés, toujours au même endroit. 

Ces visites régulières s’accompagnaient d’un bonjour aux primevères. Les coucous me laissaient perplexes, ces bâtards du monde des primevères. Ils couvraient toute la prairie de leur présence opiniâtre.

Assise sur la balançoire des enfants pendant des heures, entourée de jonquilles si joyeuses, je me lavais de toutes les incompréhensions nouées avec les adultes. Ces fleurs, en prairies si paisibles, ces clairs de lune blanchissants. 

Je suis consciente aujourd’hui de la chance incroyable d’avoir eu la nature pour me consoler des conflits et de la solitude. Puisque j’étais une enfant seule, pas de frères et sœurs, pas de cousins, pas de voisins.

La nuit, je m’évadais de la maison. Je prenais ma bicyclette et je faisais des kilomètres. Et je rentrais doucement, doucement, doucement dans la maison, sans que mes parents m’entendent. Et j’étais heureuse. Vraiment, c’était génial de y avoir les deux, quoi. Et puis, là aussi, quand il y avait du vent, de la pluie, je courais devant du vent sur ma bicyclette en danseuse. Et là aussi, j’étais la reine du monde. 

Odile

C’est le printemps. Tout va renaître dans nos cœurs et dans la nature. Une petite fleur entre deux cailloux a trouvé assez de place pour sortir ses petites pétales et s’ouvrir au soleil. Première pâquerette a osé braver l’hiver. Susan est ravie de trouver une petite pâquerette. Une, deux, trois, voilà un petit bouquet pour fêter le printemps avec sa maman. C’est trois fois rien. Elle a mis tout son cœur de petite fille pour que sa maman y voit tout son amour. Un modeste cadeau qui a plus de valeur qu’un bouquet acheté tout fait. 

Thérèse

Voici le retour du printemps. L’hiver s’éloigne avec sa grisaille, ses jours tristes et pluvieux. Le soleil, plus radieux, essuie doucement la rosée du matin. Les oiseaux s’activent, il faut reconstruire le nid pour accueillir la nouvelle et joyeuse nichée. Vive le printemps !

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