« « Histoires de libraires » – Vidéo « Une nouvelle librairie »

Continuons de partager, les vidéos de la mise en voix ou la mise en vie (!) par Olivier Louise, comédien, des « Histoires de libraires » imaginées par Carmen, Elisa, Jean-François, Annie et Margareth, lors d’un atelier d’A Mots croisés au Bazar utopique ! 

Aujourd’hui, nous vous présentons « Une nouvelle librairie », récit imaginé par Margareth, une cliente de la librairie. C’était une première expérience pour elle que d’écrire en atelier et elle s’est prêtée au jeu avec grand plaisir ! Vous pourrez lire son texte en bas de page.

À l’issue de la lecture, Virginie Louise, présidente de l’association, qui animait la soirée, a notamment rebondi sur le texte qui pose la question de clients désorientés. Amandine se souvient avoir accueilli la détresse d’un homme, un inconnu, qui se mit à pleurer en expliquant qu’il recherchait un livre pour se faire du bien. Il s’excusait de ses émotions. « Ce sont des moments intenses, forts du quotidien ! »

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Une nouvelle librairie 

Par Margareth

Le soleil est déjà levé de son regard lumineux. Il est à présent 10h30. Je rentre du marché où j’ai acheté des clémentines et des litchis. Sur le chemin, je passe prendre un petit bouquet de fleurs chez Laury, ma fleuriste si sympa et si solaire. De l’autre côté du trottoir, j’aperçois une enseigne colorée de bleu, d’orange et de vert qui m’interpelle. C’est une nouvelle boutique : une librairie !

Curieuse, je traverse la rue et entre dans le magasin qui sent bon le papier neuf. Les étagères en liège donnent une note de nature. L’accueil est chaleureux et convivial comme à la maison.

Le libraire porte un chapeau jaune avec une plume rouge. Il rigole avec une petite fille qui se balade avec un petit livre dans chaque rayon. Puis tout à coup, elle s’assoit sur le pouf. Elle lui dit avec ces grands yeux noirs pétillants et de sa petite voix : « Raconte, s’il te plaît « . Il lui sourit et s’installe à son niveau. C’est parti. « Il était une fois un éléphant qui faisait du bazar… »

Cinq minutes plus tard, une cliente rentre et demande à l’autre libraire qui lui sourit. « Je cherche un livre sur les plantes, les fleurs. J’ai besoin de m’évader et respirer. Qu’avez-vous à me conseiller ? « 

La libraire l’invite à l’accompagner et tout à coup la jeune femme éclate en sanglots. Que va faire la libraire : tenir sa langue ? Ou accueillir sa peine ? La libraire un peu désemparée pose sa main sur son bras et lui dit d’une voix calme et douce.

« Oh, Madame… Venez, asseyez-vous ! »

La dame répond : « Oh, excusez-moi !», tout en continuant de pleurer à chaudes larmes. A quelques mètres, il y a une étagère où se trouve un mini thermos avec un assortiment de petits gobelets colorés.

« Voulez-vous un thé chaud? »

Elle acquiesce de la tête. 

« Je m’appelle Jeanne », dit la libraire en lui tendant le thé.

« Merci, c’est gentil… excusez-moi ! », dit la dame.

« Ne vous excusez pas… Si vous êtes entrée dans notre librairie, ce n’est pas un hasard. Autorisez-vous à parler, je vous écoute. » 

La femme se livre timidement et exprime ce qui la bouleverse. « En fait, voilà… »

Je vois la scène dans cet espace. Un temps d’escalade d’émotions, de voyages, d’évasion où l’on peut se livrer, rigoler et même être écouté. Je flâne dans ces rayons qui me rappellent mon enfance, lors de mes visites à la bibliothèque de mon quartier avec ma mère. Espace enfants. Espace  adultes. Chez le libraire ou à la bibliothèque, leurs points communs sont l’échange… l’écoute… et le livre.

La petite fille a fini d’écouter l’histoire et garde précieusement son petit livre entre les mains. Toute contente, elle dit : » Merci, Monsieur. »

Au même moment, je lui tends une fleur de mon bouquet et lui offre une clémentine. « Tiens, c’est pour toi. » Elle rigole et me répond : « Merci, Madame »

Toute contente, elle rejoint sa mère et me montre du doigt. La mère me sourit. 

Puis, je passe discrètement dans le dernier rayon auprès de Jeanne, la libraire, et de la jeune femme. Je m’arrête :  » Permettez-moi de vous offrir ce bouquet car je vous ai vu pleurer. »

Surprise, la jeune femme sourit. Je leur dis :  » Au revoir, Mesdames. »

Et je quitte cette nouvelle librairie que j’ai trouvé fort sympathique et habitée de personnes attentionnées. Je reviendrai, c’est sûr ! 

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