« J’ai si longtemps rêvé »

Deuxième valse des mots avec une histoire imaginée par Jean-François pour la scène 1, pour la scène 2 et pour la scène 3. Légère différence avec le Bal Littéraire, Carole Prieur, intervenante d’A Mots croisés, propose de finir notre texte avec la première phrase de la chanson.

Nous partageons aujourd’hui le récit de Jean-François, qui s’appuie sur la chanson de Ralph Thamar, « Exil ». Il devait donc finir son texte par la première phrase de la chanson : « J’ai si longtemps rêvé ».

Son récit se poursuivra avec ceux de Francine avec « A nos souvenirs »  de Trois Cafés Gourmands et, enfin, de Carole T. avec « Tombé du ciel »  de Jacques Higelin.

Nous vous souhaitons bonne lecture et … bon bal, si vous mettez la musique ! 

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« Exil » de Ralph Thamar (1987) – Paroles : Ina Césaire, musique : Mario Césaire

 

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​Pauline observe la grande demeure bourgeoise face à elle. Dans la pénombre, elle distingue le jardin où les plantes multiples renvoient des couleurs variés en opposition totale aux vignes des coteaux champenois alentour. 

​Quelques jours auparavant, elle est venue en repérage rapide avec son vélo, mais ce soir elle reste et pour la première fois se retrouve devant cette immense bâtisse. Pauline ne comprend pas comment des gens ont les moyens de vivre dans un tel lieu. Elle est convaincue d’y trouver matière à chaparder. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a navigué de foyer en foyer au gré des difficultés et des désaccords avec les familles auxquelles elle était confiée et, très vite, elle s’est affirmée face aux plus grands dans les milieux où elle était placée. Elle n’a que de vagues souvenirs de ses parents dont elle connaît le visage grâce aux photos récupérés après le terrible accident qui les a emportés. Le jour de ses dix-huit ans, quelqu’un accompagné de deux petits est venu lui annoncer sans aménité que sa vie maintenant dépendait d’elle, qu’elle ne resterait plus dans cette famille, les deux petits avaient besoin d’un abri. Depuis lors, Pauline vit dans la rue, erre dans les villes et villages de cette région qui l’a vue naître et grandir à la recherche de larcins pour subvenir à ses besoins. Elle a bien essayé de travailler au début quand elle s’est retrouvée seule après ses années à l’Aide Sociale à l’Enfance, mais si son visage lumineux entouré de ses boucles rousses captait l’attention de ces patrons et collègues, ceux-ci étaient bien plus intéressés par ses fines jambes et sa poitrine dressée.

Tandis que Pauline revit son bref parcours, elle se dit cette fois, je trouverai ce que je cherche dans cette maison et je pourrai bientôt m’offrir ce dont j’ai si longtemps rêvé.

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