Copaca’Bagneux – « A vos mots, prêts, partez ! » par Nicole Teillagory

Cet été sera sportif ! Des Jeux Olympiques aux jeux d’écriture… il n’y a qu’un pas ! Ou plutôt une animation d’A Mots croisés, mercredi 24 juillet 2024 au parc du Puits Saint-Etienne. Retrouvailles avec Nicole, fidèle des rendez-vous hors-les-murs d’A Mots croisés ! 

Après quelques jeux d’écriture (dont elle a pris l’habitude avec Annie), elle accueille la proposition d’écriture longue avec beaucoup d’attention et nous raconte un souvenir d’enfance, une scène authentique qui témoigne de la résilience humaine !

Nous vous souhaitons bonne lecture de son récit poignant !

Pavillon 2

Un village, entre guillemets, dans la ville. Une seule entrée, et il faut montrer pâte blanche pour y pénétrer. En son centre, de grands et hauts bâtiments, entourés de deux hauts murs, entre lesquels circulent des gardiens, accompagnés parfois de chiens. J’ai 11 ans, et petite-fille de surveillant. Je suis à la fenêtre du Pavillon 2, qui est en fait un immeuble, à l’intérieur des murs de ronde, à l’extérieur, pardon, des murs de ronde, mais enfermé lui aussi dans le village. 

Ce qui m’a attiré à la fenêtre, ce sont des mots, criés des seuls étages en face, de l’autre côté des grands murs, des seuls étages plus hauts que les murs en question. Ce ne sont pas des cris de colère accompagnés de coups sur les barreaux, qui arrivent parfois. J’aperçois deux ou trois détenus, les mains en porte-voix, qui crient quelques syllabes. Le bruit augmente, enfle de fenêtre en fenêtre, plutôt joyeux, comme s’il y avait de l’espoir, qui enflait, s’échappait des barreaux, et soudain je décode. « Bobet est en tête ! Bobet est en tête ! » Et je comprends que les quelques détenus privilégiés, qui ont droit à une radio dans leurs cellules, font marcher le bouche-à-fenêtre pour les copains.

C’était en 1953, à Fresnes. Et du haut de mes onze ans, je criais aussi « Bobet est en tête ! » Avec tous ces hommes qui oubliaient la prison, le temps d’un Tour de France, que Bobet allait effectivement gagner. 

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Louis dit Louison Bobet 

Triple vainqueur du Tour de France entre 1953 et 1955, il est le premier coureur à remporter l’épreuve trois fois consécutives. Champion du monde en 1954, champion de France en 1950 et 1951, il inscrit également son nom au palmarès des plus grandes classiques : Milan-San Remo et le Tour de Lombardie en 1951, le Tour des Flandres en 1955, Paris-Roubaix en 1956 et Bordeaux-Paris en 1959. Il compte aussi une victoire sur le Critérium du Dauphiné libéré, Paris-Nice et le Grand Prix des Nations. En 1957, il perd le Tour d’Italie pour dix-neuf secondes. Au total, il compte 122 victoires.

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