Pour le premier rendez-vous « Ateliers Découverte » de la saison d’écriture 2024-2025, Annie, intervenante d’ A Mots croisés, a invité à une parenthèse d’écriture créative autour du sujet : « Histoires de lieux sans histoire».
À suivre le récit d’Alexandre ! Bonne lecture !
Triste Lune
Le parquet craquait à chaque pas ou lorsque la tempête grondait tout autour de la maison. A l’étage, seule la luminosité de la lune provenant de l’escalier du grenier perturbait la nuit noire au milieu de la pièce.
Une porte blanche indiquait l’entrée de ma chambre qu’il m’était autorisée de franchir qu’avec des patinettes. La coiffeuse en bois et en marbre se tenait à gauche de l’entrée ; une photo en noir et blanc, toute cornée aux angles, était glissée entre le cadre et le miroir. Une chaufferette au fond du lit m’attendait.
Ce soir-là, la tempête s’engouffrait par tous les interstices de la maison. L’œil de verre éclairé par la lune au-dessus de la porte me regardait. Je suffoquais sous les draps en coton lorsqu’une main attrapa ma cheville, tandis que l’autre tâtonnait comme pour vérifier ma présence. A peine avais-je entamé une prière que mon drap glissa sur mon visage.
– Ça va ? Tu n’as pas trop peur ? me demandait ma grand-mère, munie de sa lampe torche.
Rassuré, je finissais le verre d’eau que ma grand-mère avait pris soin de m’apporter. La chaleur accumulée sous les draps m’avait quelque peu asséché la bouche.
Au petit matin, mes volets encore fermés, je m’étonnais que mon grand-père ne vienne les ouvrir comme à son habitude. En posant pied à terre, je remarquais que le parquet ne grinçait plus et qu’en ouvrant la porte de ma chambre, l’odeur du café était absente. Je descendais alors seul les escaliers, trouvant en bas mon grand-père qui refermait doucement la porte de la maison. Mamie s’en était allée.
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