Pour ce premier atelier d’écriture « Classique » de la saison 2024-2025, Carole Prieur, intervenante À Mots croisés, a invité le groupe d’écrivants à visionner une vidéo présentant une artiste performant une danse contemporaine.
Le son était intentionnellement coupé. Il s’agissait de se focaliser sur ses gestes, de s’imprégner de ses expressions, puis de raconter leur ressenti.
Nous vous souhaitons bonne lecture du récit imaginé par Charlotte !
Confessions
La tête qui voulait changer de corps, le corps qui voulait changer de tête.
« Mais arrête de bouger, je n’arrive pas à poser ma tête ! »
« Oh la tête, un peu plus de dextérité quand même ! Tu me veux comme corps, tu n’as qu’à suivre mes mouvements. Et un coup je me contorsionne, et un coup j’ondule, et un coup je me redresse, tu as le temps de te poser, mais tu restes suspendue dans le vide, oh toi la tête, qui n’en n’a pas, et qui veut mon corps. Quand j’y pense, je n’ai jamais vu de tête sans corps! »
« Et moi, je n’ai jamais vu de corps sans tête. Encore moins un corps sans tête qui bouge dans tous les sens. Je vais te faire un aveu : je me suis décrochée de mon corps car je ne l’aimais plus. Trop vieux, trop raide. »
« Puisque l’on en est aux confessions, je t’avoue que je me suis détaché de ma tête. Je m’en suis lassé. J’avais une tête sans expression. Pourquoi pas une autre, tu pourras peut-être faire l’affaire. Tu as l’air de savoir ce que tu veux, et si mon corps te plaît … Attends que je me contorsionne vers, toi, que je rampe vers toi, tu … Oh la tête, tu es partie où? »
« Je suis là, au-dessus de toi, arrête de bouger. Oh corps, suspends ton mouvement ! »
Le corps cesse de se mouvoir et la tête descend et se pose délicatement dessus. Puis, le tout se met à bouger, à tournoyer, à onduler, à l’unisson, au son du silence.
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