Début novembre 2024, À Mots croisés avait programmé un atelier d’écriture hors-les-murs à la Maison de Chateaubriand.

https://vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr

L’objectif était de permettre à nos écrivants de s’ouvrir à un univers inspirant, de dialoguer avec la nature ou de croiser les mots avec de  l’écrivain.

Annie Lamiral, intervenante d’A Mots croisés, a proposé au groupe d’écrivants dans un deuxième temps, une écriture à partir d’extraits des « Mémoires d’outre-tombe » de François-René de Chateaubriand.

Nous vous souhaitons bonne lecture de leurs récits inspirés par l’illustre écrivain ! 

« Pour qui sonne minuit » par Charlotte Paufique

Lorsque les deux aiguilles, unies à minuit, enfantaient dans leur conjonction formidable l’heure des désordres et des crimes, Lucile entendait des bruits qui semblaient venir du couloir. Au son de minuit, elle tressautait, saisissait une bougie et descendait les escaliers.

Elle regardait la grande horloge qui indiquait minuit deux, puis ses mains se mettaient à trembler. Le rituel était le même tous les soirs, lorsque les aiguilles indiquaient minuit et qu’elle croyait qu’un intrus avait pénétré dans la demeure. Et lorsque les deux aiguilles, désunies à minuit dix, enfantaient dans leur disjonction formidable l’heure d’aller se recoucher, Lucile poussait un soupir et remontait les escaliers d’un pas imparfait.

« Maison familiale » par Jean-François Games

Voici les dernières lignes que je trace de cette maison où naquirent et grandirent mes enfants avant qu’ils s’en aillent par delà les chemins qu’ils s’étaient préparés entre ces murs décorés de multiples dessins. 

J’écris ces lignes pour extirper la douleur de quitter à mon tour ces lieux où j’ai aussi passer les premières années de mon enfance, où les cris de mes frères et mes sœurs ont rempli l’espace et résonnent encore aux côtés de ceux de mes enfants.

J’écris ces dernières lignes dans cette maison au grand jardin où chaque matin j’observe l’éveil de  la nature : des feuilles jaunies d’automne aux boutons de printemps, des bêlements du mouton aux gazouillis de l’hirondelle.

Je ne supporte plus la solitude de cette grande demeure. Je m’en irai demain la tête pleine de souvenirs et le cœur léger en laissant derrière moi ces grands magnolias que je ne verrai plus fleurir.

À suivre les récits de Danielle, Manon, Carmen, Carole et Francine.

Laisser un commentaire

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑