Début novembre 2024, À Mots croisés avait programmé un atelier d’écriture hors-les-murs à la Maison de Chateaubriand.
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L’objectif était de permettre à nos écrivants de s’ouvrir à un univers inspirant, de dialoguer avec la nature ou de croiser les mots avec de l’écrivain.
Annie Lamiral, intervenante d’A Mots croisés, a proposé au groupe d’écrivants dans un deuxième temps, une écriture à partir d’extraits des « Mémoires d’outre-tombe » de François-René de Chateaubriand.
Nous vous souhaitons bonne lecture de leurs récits inspirés par l’illustre écrivain !
« Les bois » par Danielle Mercier
Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Demain, nous quittons cette forêt de Sologne pour nous installer à Paris. Mes parents en ont décidé ainsi, et ni mes pleurs, ni mes larmes n’y ont rien changé. Bien sûr, il y a des forêts dans la capitale, ou plutôt des bois, mais elles n’égaleront pas mes sentiers tortueux où le houx déployait ses boules rouges, ou ces belles allées cavalières que bordaient de majestueux chênes.
Je ne me perdrais plus au détour d’un chemin où une clairière apparaissait soudain dans la lumière vive de l’été. Les digitales et campanules ne composeront plus mes bouquets champêtres. Condamné à errer sans fin sur des trottoirs grisâtres, le bitume ne sentirait jamais l’odeur du foin coupé.
« Retour au foyer » par Francine Delagneau
Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d’une grive perchée sur la plus haute branche d’un bouleau. Dans le ciel, de gros nuages blancs faisaient la course dans un ciel bleu azuré de cet après-midi de fin d’été. Je pris l’un d’eux comme favori et pendant plusieurs minutes, je le suivis, l’encourageais dans mes pensées et le vis arriver en deuxième position à l’arrivée : derrière la ligne des arbres de la forêt « du pendu ».
Je repris ma route sur le chemin traversant les champs de tournesols fanés et me menant au village. La mère Jasmin, à genoux dans le lavoir en pierre, battait les draps du château, qu’elle venait de laver. Je lui fis un geste de la main en guise de salut. Elle me répondit par un signe de la tête et un sourire édenté.
La traversée du bourg fut silencieuse, tous étaient à leurs travaux des champs ou dans leurs ateliers. Bientôt, le toit de tuiles de la maison apparut. J’étais de retour au bercail et, dans ma tête, le chant de la grive rythmait mes pas.
« L’écriture » par Carole Tigoki
Je passais des heures à noircir des feuilles d’encre noire d’écrits sur l’histoire, mes voyages en Amérique, en Orient, au Sud. J’étais reconnaissant de ces moments qui m’ouvraient à la curiosité, me rendaient atypique pour certains.
Souvent, au petit matin, je tombais de fatigue, d’avoir puisé au fond de ma mémoire les plus belles aventures.
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Illustration – Portrait de Chateaubriand
« Un homme médite sur les ruines de Rome »
par Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson, 1809.
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