Début novembre 2024, À Mots croisés avait programmé un atelier d’écriture hors-les-murs à la Maison de Chateaubriand.
https://vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr
L’objectif était de permettre à nos écrivants de s’ouvrir à un univers inspirant, de dialoguer avec la nature ou de croiser les mots avec de l’écrivain.
Annie Lamiral, intervenante d’A Mots croisés, a proposé au groupe d’écrivants d’imaginer un fragment de vie de François-René de Chateaubriand à la Vallée-aux-Loups et d’écrire leur récit, si possible au passé simple.
« Décoiffé » par Charlotte Paufique
Chateaubriand fut en panne d’inspiration ce jour-là. Après sa promenade dans les bois, il s’était assis à son bureau et avait pris sa plume d’oie pour écrire. Je n’ai plus d’encre dans l’esprit, songea-t-il. Atala fut un immense succès, mais quelle autre œuvre qui rencontrerait une telle approbation du public pourrais-je écrire ?
Un vent souffla dans ses pensées et, tandis qu’un coup de tempête troublait son âme, sa sœur Lucile pénétra dans le bureau et posa sa main sur l’épaule de son frère. Chateaubriand tressaillit, puis reconnut la main douce de Lucile. Elle se pencha sur la feuille blanche posée sur le bureau et soupira.
« Vous êtes un romantique, mon frère. Pourquoi ne pas écrire sur la nature comme vous le faites si bien ? » lui dit-elle. Elle lui récita les quatre premiers vers de « Nuits d’Automne ».
« Mais des nuits d’automne
Goûtons les douceurs ;
Qu’aux aimables fleurs,
Succède Pomone. »
Chateaubriand se tourna vers elle, puis passa la main dans ses cheveux.
« Il n’y avait pas de vent aujourd’hui ! », lui dit-il. « Mes cheveux sont bien coiffés. Vous savez, ô combien, ma sœur, un romantique a besoin que la nature se déchaîne pour trouver de l’inspiration ! » Sur ce, il repassa la main dans ses cheveux, les ébouriffa et saisit sa plume d’oie.
===
Illustration – Portrait de Chateaubriand
« Un homme médite sur les ruines de Rome »
par Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson, 1809.
Laisser un commentaire