Début novembre 2024, À Mots croisés avait programmé un atelier d’écriture hors-les-murs à la Maison de Chateaubriand.
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L’objectif était de permettre à nos écrivants de s’ouvrir à un univers inspirant, de dialoguer avec la nature ou de croiser les mots avec de l’écrivain.
Annie Lamiral, intervenante d’A Mots croisés, a proposé au groupe d’écrivants d’imaginer un fragment de vie de François-René de Chateaubriand à la Vallée-aux-Loups et d’écrire leur récit, si possible au passé simple.
« Promenade solitaire » par Carole Tigoki
J’avais pour habitude de me promener dans mon jardin, seul, au petit matin.
J’appréciais le silence du jour naissant. Je me sentais privilégié, à l’abri du tumulte du monde. Mon jardin était pour moi un havre de paix : la verdure prospérait de toute part et me donnait cet élan vital qui stimulait mon imagination. L’air était frais. Céleste, ma femme, profitait encore du lit conjugal. L’odeur des rosiers embaumait et donnait à l’espace un air de romantisme. Les fleurs colorées des rhododendrons rassemblées en grappes, formaient un magnifique bouquet que sublimait la lumière du jour.
Je m’arrêtais devant le cèdre du Liban, ramené d’un voyage en Orient. Il était grand, majestueux. J’étais le seul à en avoir dans toute la contrée : je n’étais pas peu fier. Les chênes que j’avais plantés près d’un bouleau montraient leurs troncs robustes. Ils exprimaient à la fois une noblesse et une force à laquelle je m’identifiais sans aucun scrupule. A l’arrière du jardin, un saule pleureur, isolé des autres arbres, resplendissait ; ses multiples feuilles tombantes symbolisaient l’abondance et la prospérité que j’espérais. Les oliviers produisaient des petites fleurs blanches qui attiraient la lumière sur elles.
Le sifflement d’une grive musicienne à la cime du cyprès m’obligea à lever les yeux. Plus loin, deux écureuils faisaient la course en direction de mon potager. Le spectacle de cette nature m’émerveillait. J’étais dans des enchantements sans fin.
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Illustration – Portrait de Chateaubriand
« Un homme médite sur les ruines de Rome »
par Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson, 1809.
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