L’année de mes onze ans

Dans le cadre des Nuits de la Lecture 2025 sur le thème des Patrimoines, À Mots croisés a proposé, samedi 25 janvier 2025, un atelier d’écriture Découverte  « 1955 – Cette année-là… » animé par Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, dans un lieu propice à la rencontre avec le patrimoine balnéolais, le Service des Archives et du Patrimoine historique de la Ville de Bagneux. 

Pour partager sur le thème des patrimoines, Annie a invité le groupe à se plonger dans la lecture du Bulletin municipal de la ville de Bagneux, d’il y a soixante-dix ans. Pourquoi ce choix ? Parce que ce numéro dresse un bilan particulièrement détaillé de l’évolution de la ville entre 1935 à 1955 et que nous sommes 70 ans plus tard ! 

La proposition d’écriture était d’imaginer des fragments de vie à partir des informations présentes dans le magazine, de situer le récit à Bagneux, en 1955. 

Bonne lecture de la fiction imaginée par Nathalie !

L’année de mes onze ans 

Cher journal, 

Aujourd’hui, nous sommes le 22 janvier 1955, je viens juste de fêter mon onzième anniversaire et à partir de ce jour, j’ai décidé de tenir un journal.

Je suis heureuse de te raconter que papa et maman m’ont annoncé une grande nouvelle. Nous allons quitter notre cabane située rue des Bénards pour aller nous installer à la Cité des oiseaux. Fini la cabane avec son unique pièce. Tu te rends compte que nous allons habiter au troisième étage ! Cela ne m’arrive jamais de monter quotidiennement des escaliers.

Irène, ma sœur cadette de cinq ans, a sautillé de joie toute la journée si bien que les parents ont été obligés de sévir. Elle a beaucoup pleuré. Mais revenons à notre nouvel appartement : les parents m’ont dit que le logement comportait deux chambres, une salle à manger avec un salon, une cuisine avec un évier et le plus incroyable une salle de bain. Tu te rends compte : plus besoin d’aller à la fontaine pour prendre de l’eau. Terminés les allers-et-retours, chaque semaine, pour se rendre aux bains-douches. Papa et maman disent que l’on va être plus sain. La seule chose qui m’ennuie un peu est que je ne pourrais plus avoir le poulailler et le potager.

6 avril 1955

Cher journal, je ne suis pas très consciencieuse mais avec le projet d’emménagement à la Cité des oiseaux, je n’ai pas eu de temps à te consacrer.

Aujourd’hui, c’était le grand jour. Nous avons emménagé au numéro 10. Je suis arrivée toute essoufflée au troisième étage tellement j’ai vite grimpé les escaliers. Notre chambre, à Iris et moi, est merveilleuse. Papa y a posé un papier peint avec de jolies tulipes. Et pour fêter notre nouvel appartement, nous sommes partis, tous les trois, acheter du cidre au magasin L. Rahier, situé rue de Bagneux. Pour s’y rendre nous avons coupé au travers des maraîchers. Le soir, j’ai eu le droit de boire un petit verre de cidre pour trinquer. La tête me tourne.

Jeudi 13 mai 1955

Je suis allée au patronage et c’est la première fois que je vais à la piscine. Je suis dans le cours des débutants. Toutes mes camarades étaient contentes de participer à cette activité, mais moi je n’ai pas aimé car j’ai eu froid et aussi j’ai eu peur de la profondeur du bassin. Nous ne sommes jamais partis à la mer, à la rivière ou au lac. C’était une grande première et je n’ai pas hâte de recommencer.

Vendredi 28 juin 1955

L’école est terminée et, grâce à la municipalité, je pars en colonie, à La Trinité-sur-Mer. Ce sera mes premières vacances : seule sans mes parents et ma sœur Iris qui m’embête souvent.

Avec maman, nous avons préparé la valise. Je suis allée chez le coiffeur, chez Madame Colinette, rue Serpentine. Elle m’a fait une jolie coupe au carré. Pour partir en colonie, il a aussi fallu que le médecin me fasse un certificat attestant que j’étais saine.

Mardi 31 décembre 1955

Cher journal, je t’ai délaissé ces derniers temps. Je suis rentrée en sixième au collège Henri Barbusse. J’ai une grande nouvelle pour cette fin d’année. Maman a accouché, rue des Meuniers, d’un petit frère prénommé Jacques. J’ai hâte qu’elle rentre à la maison avec le bébé. Je pense que je vais te laisser car avec tous ces cours différents au collège, je n’ai plus de temps à te consacrer. Au revoir, cher journal, tu auras passé une année avec moi.

===

Photos : Bulletin municipal, Ville de Bagneux, Juin 1955

Laisser un commentaire

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑