En début d’année, À Mots croisés a déplacé ses ateliers d’écriture à la Maison de Victor Hugo, Place des Vosges à Paris que nous remercions vivement pour son accueil. https://www.maisonsvictorhugo.paris.fr/
Les ateliers hors-les-murs permettent de renouveler nos pratiques d’écriture et d’ouvrir autrement nos imaginaires. Après la visite de l’appartement parisien de l’illustre, Marie-Laure Rossi, intervenante À Mots croisés, a invité le groupe d’écrivants à imaginer la rencontre entre un personnage de l’entourage de l’illustre et Victor Hugo.
À suivre le récit imaginé par Francine, mettant en scène Léopoldine, la fille aînée de Victor Hugo et d’Adèle Foucher. Bonne lecture !
Une fille aimante
Elle frissonne, le fond de l’air est frais pour un mois de mai. Son châle en soie noir brodé de fleurs roses au feuillage de différents verts, n’est pas assez chaud. Elle aurait dû prendre sa pelisse de laine. Elle revient de faire quelques emplettes dans le quartier. Elle est chargée de paquets contenant du papier à dessin de diverses tailles, des crayons et de la peinture. Entrant dans le salon, elle aperçoit son père assis dans son fauteuil de velours vert, élimé aux endroits les plus sollicités. Les jambes croisées, en chaussettes, un livre ouvert dans une main et dans l’autre une plume qui vite trempée dans l’encrier, trace des mots et annotations pour son prochain roman. Le bruit de ses pas lui fait lever la tête, il la regarde et lui tend un sourire affectueux.
« Alors, ma fille, tu as trouvé tout ce que tu voulais ? »
« Oui, père chéri. Mais je trouve que tout coûte cher de nos jours. Et j’ai vu Gavroche traînant dans la rue Saint-Antoine. Je n’ai pas pu résister à lui donner une petite pièce. Il m’amuse avec sa gouaille. »
« Tu as une bonne âme, ma Léopoldine. Fais attention de ne pas te faire avoir par ce gamin des rues. »
« Oui, Cher Papa. Je vais dans ma chambre poser mes achats, et je reviens prendre une tasse de thé avec toi. »
« Fais donc ma fille. A tout de suite. Je demande que l’on prépare le thé pendant ce temps. Mais, ne tarde pas trop, je n’aime pas le thé froid. »
Elle longe le corridor qui la mène à sa chambre, dépose ses colis sur la table en chêne, les déballe. Elle range les tubes dans la boîte en bois, les feuilles et les crayons dans le tiroir du bureau que son père lui a fabriqué. Elle n’aime pas le désordre.
Elle regagne le salon où son père l’attend une tasse de thé chaud à la main. Elle s’assoit dans le sofa et entame une discussion au sujet de son prochain livre. Il lui parle des personnages comme s’ils existaient et des lieux comme s’il y avait vécu. Elle l’écoute, lui sourit et lui donne de temps en temps quelques réflexions qui lui passent par la tête.
Ainsi, le soir arriva et une journée se termina.
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Illustration :
Léopoldine par Adèle Hugo, 1833
Crayon de graphite sur papier (facsimilé)
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