« La rebelle »

Le 8 mars, c’est la Journée internationale des Droits des Femmes !

Pour l’occasion, nous vous invitons, depuis quelques jours, à la lecture de récits imaginés par nos écrivants lors d’un atelier animé par Carole Prieur, inspiré par l’ouvrage « Les femmes qui lisent sont dangereuses » de Laure Adler et de Stefan Bollman.

À suivre le récit de Carole. Bonne lecture !

La rebelle 

La vie de Firmine était toute tracée. Naturellement belle et gracieuse, elle attirait le regard des hommes, intéressés par sa nature opulente. 

Son père avait accepté la demande en mariage du comte de MARTEFEUIL, propriétaire d’un vaste domaine dans la vallée de Barbillon au sud de la vallée de Chevreuse. Ils s’étaient rencontrés lors d’une partie de chasse, et dès lors, le comte était tombé sous son charme.

Un jour, le comte se présenta à ses parents et leur demanda officiellement Firmine en mariage. Firmine l’écouta avec politesse, sans parler, comme il était d’usage dans ces milieux d’aristocrates. 

La mère de Firmine, qui avait de nobles ambitions pour ses trois filles, donna son accord derechef, sans attendre celui du père, qui tardait trop à venir.

– Bon sang ne saurait mentir ! pensa-t-elle. C’est un bon parti pour Firmine, elle deviendra Madame la comtesse de MARTEFEUIL.

Le mariage fut fixé pour le début du printemps. En attendant, la mère de Firmine s’employait à l’éducation de sa fille, pour qu’elle soit une bonne épouse. Elle lui fit mille recommandations.

– Ma chère Firmine, tu devras être d’un grand soutien de ton mari. Tu t’épanouiras dans le soin que tu apporteras à ta famille ; à ton mari, à ses parents. Par ailleurs, n’oublie pas que tu devras obéissance à ton mari, et que tu ne devras jamais  t’opposer à ses idées, ni  à lui. Tu t’occuperas par la broderie ou des points de croix…

Firmine écoutait sa mère embarrassée par son enthousiasme et par le décalage avec ses idées. Elle ne s’opposa pas, par gêne ou pour lui éviter toute peine.

Un jour, le comte de MARTEFEUIL arriva à l’improviste et trouva Firmine dans le jardin, allongée sur l’herbe, en tenue légère, un livre à la main «  Les droits des femmes » de l’auteur Flora Tristan. Firmine, concentrée à son ouvrage, l’ignora ostensiblement. 

Vexé, le comte alla immédiatement se plaindre au père de Firmine pour l’interner dans une maison de religieuses, pour retrouver la raison.

Elle en sortit deux années plus tard, guérie de ses velléités d’émancipation.

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