Cette année, A Mots croisés a choisi de célébrer la Journée internationale des Droits des Femmes en allant au Musée de la Toile de Jouy que nous remercions vivement pour son accueil.
Pourquoi choisir ce lieu, en plein cœur de la Bièvre, pour un atelier d’écriture ? Parce que les mots « texte» et «textile» partagent la même racine étymologique, le latin texere, qui signifie à la fois tisser et raconter… Chaque fil est un mot, « La Toile de Jouy s’écrit » !
Les récits imaginés par nos écrivants sont un hommage à la mémoire d’une personne (Christophe-Philippe Oberkampf), d’une époque (XVIIIe siècle) ou d’un empire industriel avec la Manufacture de Jouy (plus de 1.300 employés sur 14 ha à son apogée).
Après la visite guidée de la collection permanente qui retrace la prodigieuse aventure humaine, industrielle et artistique de Christophe-Philippe Oberkampf, descendant d’une lignée de teinturiers du Wurtemberg, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité le groupe d’écrivants à livrer leurs émotions, leur ressenti … en une phrase !
Ici à Jouy…
… j’ai mis un visage sur le nom d’une station de métro et d’un quartier de Paris.
… j’ai découvert tout un pan de l’histoire industrielle de la France.
… j’ai appris que la place des femmes n’avait rien d’enviable, tant dans la manufacture que dans les académies artistiques.
… j’ai découvert la complexité et la qualité de fabrication des toiles, de l’importation de la toile de coton au travail créatif, des motifs, les fleurs, les ornements, les paysages jusqu’au travail de fabrication, des planches et des finitions des petites mains de femmes.
… je découvre, dans ce superbe manoir, le travail inconnu de quelques centaines de personnages et d’artisans, des métiers totalement inconnus. Des gravures magnifiques, des couleurs explosives apparaissent sous mes yeux.
… je déambule sur une moquette souple et claire dans une odeur rafraîchissante qui me ramène aux blanchisseuses des lavoirs de bord des rivières. Serait-ce la proximité de la rivière de la Bièvre qui habite aussi mes neurones ?
… c’est la première fois que je vois autant de toiles !
… je peux mettre maintenant un visage sur Oberkampf, je ne savais pas qu’il était manufacturier. Encore moins ici.
…j’ai appris des noms de métiers relatifs à la manufacture, des pinceauteuses et j’en passe personnellement.
… j’ai enfin mis un visage sur celui qui a été à l’origine de la fabrication de la toile.
… je repartirai bien avec une indienne que je mettrai sur le mur de mon salon, mais entre nous, je ne sais pas si Oberkampf serait d’accord !
… j’ai découvert que les toiles qui ont traversé les époques sont encore et toujours d’actualité.
… je connais un peu mieux la complexité de fabrication et suis toujours étonnée par la beauté de l’art.
… j’ai reconnu des toiles en camaïeu de rose que j’ai pu déjà apercevoir dans le château de Versailles.
… j’ai appris une foule de mots qui m’étaient jusque-là inconnus et un savoir-faire qui a fait la renommée de la France.
… on retrouve l’ambiance des châteaux et des grandes maisons des siècles passés, mais pas que ! Certains couturiers, décorateurs, modistes mettent en valeur et modernisent les toiles !
… un musée de la toile de Jouy : impressionnant de couleurs, de styles, de motifs.
… retour sur un lieu en pleine nature en bordure de la vallée de Chevreuse, typique de l’ Île-de-France, retour sur la Bièvre, rivière disparue.
… retour sur une époque révolue où la ville était campagne, une époque « rousseauisée » et idéalisée.
… la finesse des toiles de Jouy, les détails dans les représentations et motifs. Pour autant une mode révolue, la puissance d’une industrie révolue, 1 300 personnes à son apogée.
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