Le temps d’un café

Pour ce nouveau rendez-vous « Ateliers Découverte » de la saison d’écriture 2024-2025, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité Alexandre, Charlotte, Dominique, Michel et Nicole à une parenthèse d’écriture créative autour du sujet : « L’attente ».

L’attente, c’est l’espoir. C’est là où la vie bascule. Une déclaration d’amour, un diagnostic, une sentence ou les vacances …. Source de joie, de peine. Mais aussi source d’angoisse, de douleur.

À suivre le récit d’Alexandre inspiré par le tableau « Automat » d’Edward Hopper, 1927. Bonne lecture ! 

Le temps d’un café

Une heure du matin, mon service au bar se terminait dans trente minutes. Je faisais la caisse, un coup d’éponge rapide sur le comptoir en formica et TER-MI-NE !

Alors que j’essuyais un verre à bière, mon regard fut attiré par cette jeune demoiselle seule, habillée d’un manteau et couverte d’un chapeau cloche d’un autre temps. Ses yeux noirs fixés sur son expresso, elle touillait puis posait la petite cuillère puis, un temps d’attente, elle reprit sa cuillère pour touiller de nouveau. Sa main gauche restait gantée, couverte de soie et de dentelle noire.

Intrigué par ce comportement, je la regardais penser car oui, elle pensait et marmonnait quelque chose, j’en ai été sûr. Ses longs cils noir redressés bougeaient de haut en bas, des soubresauts peut-être ? Sa main droite touillait encore lorsque son regard se posa sur le mien. Aussitôt mes bras se transformèrent en guimauve, pris au piège par mon indiscrétion. Je m’efforçais de lui sourire pour m’échapper ensuite par la trappe qui menait à la cave où étaient stockées les denrées alimentaires.

– « Pauvre crétin, il me prend pour une célibataire à qui on a posé un lapin. Est-ce qu’il me restera encore assez d’argent pour me payer mon dernier café ? Être à l’heure c’est bien quand les autres sont toujours en retard…pour mon premier rôle au cinéma, j’en ai de la veine. Tu parles, devenir une vedette…à ce train-là, je ne suis pas prête d’y arriver ! Quand je pense que j’ai dépensé quasi toute mes économies pour venir ici à Los Angeles. A vouloir jouer la princesse, ça m’apprendra. Et ces trois satanées phrases complètement ridicules que j’aurai à dire devant Johnny Deep, mon Dieu, quelle horreur ! Je n’y arriverai pas, qu’est-ce que je vais devenir ?!! »

– « Madame, excusez-moi, le bar va bientôt fermer ses portes, je peux vous payer un dernier café ? »

THE END

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