Par le trou de la serrure

Pour ce nouveau rendez-vous « Ateliers Découverte » de la saison d’écriture 2024-2025, Annie Lamiral, intervenante d’ A Mots croisés, à propos une parenthèse d’écriture créative autour du sujet : « Par le trou de la serrure ».

Regarder par le trou d’une serrure, c’est s’offrir une vision partielle et interdite d’un espace caché. Ce que l’on voit dépend de l’angle et de la lumière, mais souvent, l’image est floue, limitée et mystérieuse.

Le trou de la serrure symbolise la curiosité, l’interdit, le secret et parfois la trahison. Regarder sans être vu peut révéler une vérité… mais à quel prix ?

Proposition d’écriture : construire un récit où le personnage voit ou fantasme par le trou de la serrure. Le récit s’arrête par une interrogation et laisse ainsi la lecture en suspens.

À suivre le récit de Charlotte !

D’un œil

Agatha, en mal d’inspiration, posa sa plume et se leva de son bureau. « Je n’arrive pas à trouver qui sera la dixième victime, damn it !». Elle s’approcha de la porte, hésita à l’ouvrir mais finit par l’ouvrir pour la refermer aussitôt. Dans la pièce voisine, Alfred terminait de rédiger le script du film Sueurs froides, et Agatha avait bien envie de toucher un mot au grand maître du suspense. Il pourrait lui donner une idée quant à sa dixième victime.

Elle colla son œil au trou de la serrure et, surprise ! rencontra l’œil d’Alfred qui lui aussi regardait par le trou de la serrure. On entendit alors un cri étouffé de chaque côté de la porte.

Changement de point de vue.

Alfred, en mal d’inspiration, posa son stylo et se leva de son bureau. « Je n’arrive pas à trouver comment faire disparaître Elster, damn it ! Elle se jette de la tour ou on la pousse ? »Dans la pièce voisine, Agatha terminait de rédiger Ils étaient dix. Alfred avait bien envie de toucher un mot à Agatha. Elle pourrait lui donner une idée sur la fin tragique de l’héroïne.

Tous deux se relevèrent, s’approchèrent doucement de la porte et y collèrent leur œil droit respectif. On entendit alors un cri étouffé de chaque côté de la porte.

Morale de cette histoire : un œil vaut mieux que deux tu l’auras.

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