Pour ce nouveau rendez-vous « Ateliers Découverte » de la saison d’écriture 2024-2025, Annie Lamiral, intervenante A Mots croisés, a proposé une parenthèse d’écriture créative autour du sujet : « Par le trou de la serrure ».
Regarder par le trou d’une serrure, c’est s’offrir une vision partielle et interdite d’un espace caché. Ce que l’on voit dépend de l’angle et de la lumière, mais souvent, l’image est floue, limitée et mystérieuse.
Le trou de la serrure symbolise la curiosité, l’interdit, le secret et parfois la trahison. Regarder sans être vu peut révéler une vérité… mais à quel prix ?
Deuxième temps d’écriture pour décrire une situation de “veille active” banale.
À suivre le récit de Charlotte.
La baie de Cook
– Terre, terre en vue ! cria le moussaillon Smith. On dirait un atoll, mon capitaine !
– Mais non, un atoll, c’est plat, voyons, répondit le capitaine Cook. On vient d’en passer un, Tetiaroa. C’est cet atoll qu’achètera plus tard Marlon Brando, mais là, on est en plein anachronisme.
– Vous piquez ma curiosité, mon capitaine, dit le moussaillon. Acheter un atoll, ce n’est quand même pas rien !
– Silence, moussaillon Smith ! rétorqua le capitaine. Faites venir le second capitaine ! Il faut amarrer près de cette terre, elle aiguise ma curiosité. Et lui donner un nom. Entrons dans la baie !
L’Endeavour pénétra lentement dans la baie où se dessinait en haut le sommet d’une montagne ciselée.
– Quel est le nom de cette île ? demanda Cook au second capitaine.
– Appelons-la Moorea, les autochtones adorent les voyelles ! répondit le second capitaine.
– Et le nom de la baie ? demanda Cook.
– La baie de Cook, je viens de la nommer en votre honneur, répondit le second capitaine.
– Je suis curieux de savoir si mon nom restera dans les annales, dit Cook.
Et l’histoire, curieuse des découvertes des hommes, donna raison au second capitaine.
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