D’après «Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques »

Pour ce nouvel atelier hors les murs, À Mots croisés a poussé la porte de la librairie Le Bazar utopique à Bagneux. Nous en avons profité pour échanger avec notre duo de libraires sur leurs choix de lectures et sur leurs « Coups de cœur ».

Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a ensuite invité le petit groupe d’écrivants à imaginer une histoire, à partir d’un ouvrage coup de cœur de nos libraires, en reprenant son l’incipit, son excipit ainsi que la première phrase de la page 111 https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_de_la_Page_111 

C’est le roman «Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques » de Iain Levison que Nicole a retenu pour imaginer son propre récit.

Page 1

C’est un garçon tellement gentil. Tellement doux. 

Page 111

L’ex-petit ami de Crystal la harcèle. 

Excipit

Je referme le dossier. «Sous réserve d’acceptation de mon client. »

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C’était un garçon tellement gentil. Tellement doux. Il faisait tout pour me satisfaire. Après le spectacle, les paillettes, les projecteurs qui m’échauffaient la peau, après tous les regards qui me déshabillaient le corps alors que j’étais déjà nue, c’était si bon de le retrouver à  la « Sortie des Artistes »… côté impasse, côté poubelles… Des fleurs, des chocolats, parfois un livre et toujours des bras pleins d’amour, de tendresse, des gestes, des mots qui effaçaient les fatigues du métier et, au petit matin, dans notre nid au septième étage (par l’escalier de service!), nous étions tout simplement heureux… jusqu’à ce harcèlement, imprévisible et si brutal.

Ce soir-là, il m’attend, manifestement dans tous ses états quand je viens me blottir contre lui. Sa famille a tout découvert : qu’il ne dort pas dans sa chambre d’étudiant, qu’il sèche la plupart des cours du matin, qu’il se fait soudoyer par « une pute » comme ils disent en pinçant les lèvres dans leur cher et beau quartier de l’Etoile, et, le comble, elle est stripteaseuse ! Cela doit stopper immédiatement d’autant plus qu’il est mineur : « Tu sais ce que cela veut dire ! »

Nous le savons mais nous nous aimons et, dans dix-huit mois, il sera majeur… Alors le harcèlement  commence par le biais d’un détective privé qui fournit, régulièrement, aux parents les preuves de « notre débauche ». Nous sommes tous les deux d’accord pour ne pas céder au chantage, mais sa famille a engagé une procédure de justice contre moi : « Détournement de mineur ». Jugement dans soixante jours. « Je ne suis pas très riche, Maître, mais acceptez de me prendre comme cliente : je ne veux pas finir à Fresnes ! »

Note au lecteur

Prise par le temps limité de l’atelier, Nicole continuera, plus tard, son récit avec la phrase de la page 111 et l’excipit.

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