Il existe beaucoup de contes où la paille est au cœur de l’intrigue. Dans les « Trois petits cochons » de Charles Perrault, trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Mais le loup va venir chambouler leurs projets… il va ravager leur maison de paille !
Dans le « Nain tracassin (Rumpelstilzchen) » des Frères Grimm, un pauvre paysan prétend que sa fille est capable de changer la paille en or en la filant comme de la laine.
Autre conte des Grimm, « Un bout de paille », une braise et un haricot échappent au feu. Ils prennent la route et veulent traverser un ruisseau. La braise traverse sur la paille qui prend en feu et la braise tombe à l’eau. Le haricot rit à éclater. Un tailleur passant par là le recoud de fil noir…
Et, si vous écriviez un conte autour de la paille ? Si si si, c’est possible, on vous aide… 😂Commencez par « Il était une fois, dans un pays lointain … ».
Bon, si l’aventure ne vous tente pas… Laissez-vous inspirer par le tableau de Van Gogh « Moissons en Provence », un paysage vibrant de chaleur ou bien l’un de ses nombreux autoportraits poignants où il porte un chapeau de paille et rend ainsi hommage à la résistance de ceux qui travaillent dans les champs, au travail honnête de la classe ouvrière et à la simplicité de la vie rurale.
Sinon, observez bien la photo du jour, imaginez où elle a été prise. Qui habite cette paillote ? Où est-elle ? Racontez-nous ce qu’il s’y joue…
Belle écriture !
Récit imaginé par Carmen :
Il était une fois dans un pays lointain, un royaume tout en pierre ou presque. Le château était en pierre, les maisons, les toits, les meubles, la vaisselle, les lits et même les selles des chevaux. D’ailleurs, il fallait beaucoup de chevaux car les malheureux finissaient par mourir d’épuisement dans leurs écuries en pierre.
Et, puis, le cœur des habitants commençaient à devenir également de pierre. Personne ne prenait soin de personne, tout était dur même si les richesses abondaient car chacun avait droit à des kilos de rubis, émeraudes et autres saphirs.
Le roi et la reine n’échappaient pas à la dureté des sentiments sauf quand il s’agissait de leur fille, la princesse Sophia. Elle était douce comme une pluie d’été, joyeuse comme un printemps qui s’annonce, heureuse comme comme la rose au jardin. Tout le royaume l’aimait car Sophia savait se montrer attentionnée, patiente et rayonnante.
Sauf que, depuis quelque temps, la jeune fille dépérissait doucement. Elle souffrait de douleurs qu’aucun médecin ne savait soulager. Ses parents et tout le royaume étaient morts d’inquiétude. Le roi, désespéré à l’idée de perdre sa fille chérie, promit le trône et la main de celle-ci à qui saurait la guérir de son mal implacable. Et, là, ce fut une succession de personnes venues de tous les coins parfois reculés du royaume, tentant de gagner les faveurs du couple royal. Mais aucune solution ne fut apportée au grand désespoir des parents démunis.
Un jour, voulant se changer les idées, le roi entreprit une promenade à travers la campagne. Il changerait de cheval dans les fermes avoisinantes car le sien ne tiendrait pas longtemps sous le poids de sa charge. Ainsi, il eut trois montures dans l’après-midi et la dernière montrait déjà des signes de fatigue. Il s’arrêta donc près d’une maison bizarre. Elle n’était pas grise comme les autres mais très claire. Intrigué, le souverain demanda à voir le maître des lieux. Un jeune homme se présenta comme le propriétaire de la ferme qu’il avait hérité de ses parents.
Le roi lui posa beaucoup de questions. Pourquoi sa maison n’était-elle pas en pierre ? Pourquoi ses chevaux semblaient-ils en meilleure forme que ceux de tout le pays ?
Au risque d’offenser le royal visiteur, le jeune homme qui se prénommait Phoebus expliqua que lui et sa famille venaient d’un autre royaume où les maisons étaient en briques, les toits en chaume et que les hommes comme les bêtes dormaient sur de la paille tendre et à l’odeur de soir d’automne.
De la paille ? Mais qu’est-ce donc, questionna le roi intrigué. Phoebus le mena jusqu’à ses écuries garnies d’une paille fraîche et craquante. Ce qu’elle était belle cette paille, jaune comme le soleil, le roi en fut ébloui. Aussitôt, il en fit porter au palais et ordonna qu’on en garnisse la couche de la princesse. En deux jours à peine, elle ne souffrait presque plus et commençait à retrouver son superbe sourire d’ange, son teint velouté de pêche.
Le roi et la reine, heureux et soulagés, voulurent acheter toute la paille de Phoebus qui refusa tout net.
Ému par la sagesse du jeune homme, le roi ne put qu’accepter la judicieuse proposition. Ainsi le royaume de pierre devint une terre de blé qui donnait une farine très vite réputée et à la fin des moissons de la paille en abondance. Ce fut la vraie richesse du pays et les pierres précieuses n’eurent plus cours.
Et puis, il y eut les très attendues noces entre Sophia et Phoebus. Un vrai mariage d’amour dont on célébra l’union durant trois jours et trois nuits.
Un peu de blé, beaucoup de paille, ce fut le secret du bonheur de ce royaume lointain.
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