Mixité

Pour le premier atelier Découverte de la saison 2025 – 2026, Annie Lamiral, intervenante A Mots croisés, a proposé au groupe d’« Écrire avec les yeux », à explorer la puissance, le pouvoir de l’œil, du regard, du visible.

À suivre le récit imaginé par Nicole ! Bonne lecture !

Mixité 

Pour Choupette, c’était sa troisième rentrée. Cette rentrée-là, dans la « Grande école », avec son cartable tout neuf, elle l’attendait depuis longtemps. Choupette aimait l’école, mais, cette année, elle éprouvait un mélange de joie et d’appréhension. À l’école maternelle, elle était « la grande » chez « les petits » et la voilà, maintenant, « la petite » chez les « grands » ! De plus, pour la première fois, filles et garçons étaient mélangés dans les classes de l’école primaire et elle avait « un maître » ! En maternelle, elle n’avait eu que des maîtresses…

Voilà notre écolière qui perd rapidement le goût de l’école et qui fait la comédie pour aller en classe. Souvent, la nuit, elle s’agite en criant : « C’est pas moi ! C’est pas moi ! »… Au matin, elle ne se rappelle de rien mais ses yeux cernés révèlent un mauvais sommeil. La maman demande à voir le maître. Il décrit Choupette comme très attentive, un peu timide, voire un peu craintive. Ni lui ni la maman ne trouvent d’explications. Quand ils en demandent à l’enfant …  Bouche cousue …

 À quelque temps de là, la maman tombe sur un étrange dessin de Choupette dans sa chambre. On y voit une petite fille qui se cache les yeux de ses deux mains et un homme de dos qui écrit sur un tableau. Nouvelle demande d’explications à sa fille dont les mains tremblent en reprenant son dessin. Ses yeux s’emplissent de larmes : « Il me fait peur le maître, il me fait peur quand il écrit au tableau ! »

Il faut dire que les garçons choisis pour être dans cette classe avec des filles « tranquilles » ne sont pas des anges : ils ont l’art de faire les clowns dès qu’ils échappent au regard du maître.

« Il me fait peur le maître, il me fait peur quand il écrit au tableau ! » hoquette Choupette. « Les garçons me font rire et le maître se retourne en colère. Il dit qu’il va punir tous les élèves qui s’amusent dans son dos » et…

« Ce sera terrible ! » gronde-t-il. « Je connais les coupables. J’AI DES YEUX DANS LE DOS ! »

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