Hier soir à la Médiathèque Louis-Aragon, brillante apothéose du projet de Bibliothèque vivante* initié par Jeanne Bédé du Conseil local en Santé mentale à l’occasion des 35e Semaines d’information sur la Santé mentale.
La Bibliothèque vivante a démarré bien avant l’heure prévue puisque de nombreux « lecteurs et lectrices » étaient impatients de rencontrer les « livres vivants », d’écouter les témoignages de Anne-Alice, Cécilia, Daga, Emmanuel, Gilles, Margot, Radimiro et Valérie.
Séduits par l’approche immersive, certains visiteurs en ont même « lu » plusieurs ! Quant aux « livres vivants », leurs appréhensions émotionnelles des derniers jours ont vite été oubliées. Ils s’imaginaient rencontrer une ou deux personnes… au final, certains ont réussi à s’ouvrir à huit « lecteurs » !
En fin de soirée, chaque « livre vivant » exprime son enthousiaste d’avoir été au cœur de l’attention des « lecteurs ». L’un d’entre eux ne peut retenir ses émotions : « Elle m’a écoutée ! J’existe !» Quant à une « lectrice », elle ressort, un peu bouleversée de l’échange : « Ma petite-fille a déclaré les mêmes symptômes. Bon, me voilà rassurée. Il existe des traitements, il y a de l’espoir ! »
Un projet pour délier des fils, tisser des liens. Un projet réussi grâce à l’implication de tous, de la sincérité des « livres vivants » et du respect de leurs « lecteurs », grâce au dialogue, au partage respectueux, sensible et bienveillant.
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🔹Pour mémoire, Annie Lamiral, intervenante À mots croisés, est allée, cet été, lors de plusieurs ateliers, à la rencontre de huit personnes concernées par une problématique de santé mentale pour préparer leur « livre », leur récit à présenter au public.
« La petite flamme en soi » par Anne-Alice
« Des pics et des vagues » par Cécilia
« Aujourd’hui, je vais bien » par Daga
« Si je suis là, c’est que je n’ai pas été soutenu » par Emmanuel
« La fin du casse-tête » par Gilles
« Chercher la liberté pour trouver la paix » par Radimiro
« On est plus qu’un handicap » par Margot
« Des hauts et des bas » par Valérie
🔹Les phrases fortes dégagées en atelier illustrent la page 4 de couverture des livres.
« C’est difficile de vivre car notre handicap ne se voit, pas. On a une manière invisible dans la tête » Anne-Alice
« Il faut vraiment comprendre l’importance du traitement. » Cécilia
« La relation avec les gens m’est difficile. » Daga
« Je suis en colère, mais ça ne change pas grand-chose. » Emmanuel
« Je pensais que j’étais le seul à être bizarre. » Gilles
« Hier, j’étais complètement déboussolée. » Margot
« Protéger quelqu’un, c’est l’intégrer, pas l’exclure ! » Radimiro
« J’ai vécu des drames. » Valérie
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La « bibliothèque vivante » est un dispositif de lutte contre la stigmatisation qui consiste en l’organisation d’un moment de rencontres entre des personnes qui ne se seraient a priori pas forcément rencontrées dans un autre contexte. Ce concept est né au Danemark au début des années 2000. Son objectif ? Déconstruire les préjugés, valoriser la diversité et inciter à une réflexion critique des personnes.
Le principe en est simple : il s’agit d’une rencontre, d’un échange entre deux personnes. L’une est une personne appartenant à un groupe confronté à des préjugés et stéréotypes, ou un proche ou bien encore un professionnel. La personne va raconter un ou plusieurs fragments de vie, un chapitre comme dans un livre. L’autre va l’écouter et découvrir son histoire comme s’il lisait un livre.
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Photos de la soirée et des couvertures de livres © @annyelleparis
Les photos de la Bibliothèque vivante sont floutées pour préserver l’anonymat de chacun.
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