« Un homme d’avenir » de « Bruxelles »

Pour la toute première fois depuis la création de l’association, il y a plus de dix ans, À Mots croisés a proposé, cet automne, une journée d’écriture à ses écrivants : « Quand écriture rime avec architecture ». Annie Lamiral, intervenante, a choisi de l’organiser à Bazoches-sur-Guyonne, près de Montfort-L’Amaury. Le matin, visite guidée et atelier d’écriture à la Maison Louis Carré, conçue par l’architecte Alvar Aalto. L’après-midi s’est déroulée à la Maison Jean Monnet, l’architecte de l’Europe. La visite guidée – assurée par Véronique Recher que nous remercions ici chaleureusement – a permis de nourrir les récits, de croiser l’Histoire avec la fiction.

Dans un premier temps d’écriture, Annie a proposé de rédiger un portrait littéraire ou fictionnel de cet homme discret, mais déterminé. 

À suivre les récits de Francine.

🔹Un homme d’avenir

 Comme à son habitude, il apprécie sa promenade matinale sur le chemin qui traverse la campagne et le petit bois au-dessus du village. Il aime regarder la vie paysanne autour de lui, ses rencontres avec ces gens du cru et leurs avis toujours pleins de bon sens. Lors de leurs discussions, ils lui content leur quotidien et leurs espoirs dans l’avenir. Souvent, c’est là que dans son esprit se construisent les idées sur la construction d’une Communauté européenne. Pour lui, réunir la production du charbon et de l’acier avec l’Allemagne sous une Haute Autorité serait les premiers pas vers une collaboration et une paix durable entre les deux pays, lui qui a connu deux guerres. De retour, il s’installe à son bureau, il peut mettre sur papier ses nouvelles pensées et préparer la prochaine réunion avec ses collaborateurs. Dans l’après-midi, assis confortablement dans son fauteuil, il reçoit avec son épouse, son ami Louis Carré accompagné de sa femme, le cognac familial sur la petite table, ils savourent le délicieux breuvage à petites gorgées tout en discutant de la construction de la maison faite par l’architecte venu de Finlande. Demain, avec ses adjoints et Robert Schuman, ils travailleront dans l’intérêt des peuples et pour l’avenir des enfants. Étant un homme déterminé, il savait qu’il travaillerait aussi longtemps que possible pour arriver à ce que les États-Unis d’Europe deviennent une réalité.

***

Le deuxième temps d’écriture permettait de raconter une rencontre improbable / chaotique / heureuse / surprenante entre deux personnages de différents pays d’Europe.

🔹Bruxelles

 Bruxelles, c’est la première fois que j’arpente les rues de cette ville. Avec d’autres personnes, je suis venu participer à la marche pour le climat, manifestation pacifique. Nous espérons que nos voix seront entendues, il faut que les hommes politiques sachent que la transition écologique est devenue urgente. 

Nous sommes beaucoup dans les rues de la capitale de l’Europe, venus de différents pays, mais nous crions tous le même slogan. Mon voisin, brandissant sa banderole « rädda planeten », blond, yeux bleus, pull azur et jean. Il tourne la tête et me fait un grand sourire, me lance un « Hej » et je lui réponds « Salut ». Nous sommes restés ensemble durant toute la déambulation, en criant à se casser la voix, riant de bon cœur sans vraiment savoir pourquoi et essayant de nous comprendre, malgré la barrière de la langue. Après la dispersion de la foule, nous sommes allés prendre un verre dans un bar, lui une bière et moi un expresso. 

Avec mon peu d’anglais et lui plus expert, nous avons échangé sur les problèmes écologiques dans nos pays respectifs et des espoirs que nous avions, de voir un jour, nos dirigeants ouvrir les yeux et prendre les bonnes décisions. Nous avons continué notre discussion animée, en nous promenant. Nous étions d’accord sur certaines problématiques, telles que l’arrêt de l’utilisation du charbon et du pétrole. Nos désaccords étaient souvent sur la manière de faire la transition, lui beaucoup trop radical, ne s’attardant pas sur les impacts de l’économie de certains pays encore trop dépendants. 

J’essayais de lui faire comprendre que l’Europe ne s’était pas faite en un seul jour et que tous les pays avaient dû faire des concessions. Que pour sauver notre chère planète, il en serait de même. Lui, voulait que ce soit plus rapide. Tard dans la nuit, il m’a raccompagnée à mon hôtel. Nous avons échangé un long baiser et nos numéros de portable en nous promettant de nous appeler, de nous revoir très vite. J’ai hâte d’aller visiter la Suède.

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