Pour cet atelier d’écriture hors les murs, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a choisi l’atelier-musée Chana Orloff, Villa Seurat, une maison qui abrite une impressionnante collection de sculptures de l’artiste. Expérimentant toutes sortes de matériaux, terre cuite, bois, bronze, ciment ou plâtre, Chana Orloff s’est imposée contre l’une des plus grandes sculptrices et portraitistes de son siècle.
Après la visite guidée par Liva que nous remercions ici chaleureusement ainsi qu’Ariane Tamir, petite-fille de Chana Orloff et co-conservatrice du musée, Annie a invité le petit groupe à observer attentivement les sculptures, à regarder « au-delà du corps », à poser des mots, à faire une description sensible de l’œuvre de leur choix, ce que la posture, la matière, le style racontent. Puis, dans un autre temps d’écriture à faire dialoguer deux sculptures.
À suivre les récits de Michel.
Les inséparables
Je ne suis pas seule, je suis multiple : je suis faite de deux corps fusionnés.
En effet, j’ai deux têtes, quatre jambes mais une seule poitrine et deux bras. Je suis en plâtre patiné de couleur ambre. On m’appelle « Ruth et Noémie ». J’ai été sculptée en 1928 par une grande dame d’origine ukrainienne, venue en France en 1910. Je suis entourée par une multitude d’œuvres, des portraits humains surtout, et quelques animaux.
Confidences sculpturales
Tu es gros
Je suis filiforme
Je suis debout,
Tu es assis.
Tu me vois de la tête aux pieds,
Je ne te vois que le buste.
J’ai un visage allongé,
Tu as un visage tout rond.
Tu fumes la pipe,
Je reçois la fumée.
Tu es seul,
Je suis multiple.
Je vois que tu as des sentiments :
Sens-tu frémir un brin d’amour ?
Chana Orloff y est sûrement pour quelque chose :
Elle a bien fait de nous mettre en vis à vis !
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