Pour ce nouvel atelier d’écriture « Réminiscences », Valentine Pardo @Laphilosopheuse sur Instagram, a proposé de réinventer, réexplorer, donner une voix à nos souvenirs, qu’ils soient vrais ou faux.
Premier temps d’écriture, raconter un souvenir sensoriel, une « madeleine » à l’instar de Proust.
À suivre le récit de Francine.
Question d’odeur
Dans les allées du grand magasin où je me suis rendu, afin de faire mes premiers achats de Noël, je passe de rayon en rayon, cherchant le cadeau idéal pour chacun des membres de ma famille ou mes amis. Comme tous les ans, c’est le casse-tête pour accorder la couleur, la matière, le prix et le goût de tout ce petit monde. Je savais que j’allais devoir faire des concessions, mais mon but était de passer la porte les mains chargées de paquets.
Au détour d’une rangée de bougies colorées, un parfum entêtant s’invite à mes narines. Je fais immédiatement la grimace. Mon dieu, que j’ai horreur de cette odeur. Je le reconnais entre cent, c’est Poison de Dior. En un éclair, je me retrouve, gamine, assise à l’arrière de la R16 bleu marine de mes parents. Vêtue de la petite jupe plissée écossaise, les chaussettes blanches montant au genou et les souliers vernis noirs. Sur mes épaules, le cardigan bleu marine, une queue de cheval termine la tenue. Une vraie petite fille modèle. A côté de moi, mon frère, habillé de la même manière, sauf que la jupe est remplacée par un bermuda. Quand maman s’installe, les effluves de son parfum envahissent l’habitacle. J’ai beau me pincer le nez, le mal de tête arrive et l’envie de vomir suit. Tout le trajet sera un vrai calvaire qui se termine à l’arrivée chez les grands-parents. Sortir de la voiture au plus vite, prendre une grande bouffée d’air frais et faire des va-et-vient sur le trottoir pour me remettre.
Je fais rapidement demi-tour et me précipite vers la sortie du magasin, j’ai besoin de respirer et d’oublier ce foutu parfum.
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