Pour ce nouvel atelier d’écriture « Réminiscences », Valentine Pardo @Laphilosopheuse sur Instagram, a proposé de réinventer, réexplorer, donner une voix à nos souvenirs, qu’ils soient vrais ou faux.
Premier temps d’écriture, raconter un souvenir sensoriel, une « madeleine » à l’instar de Proust.
À suivre le récit de Jean-François.
La musique endiablée
Au lendemain d’une bonne nuit de sommeil, je me suis réveillé, motivé pour attaquer le ménage dans mon deux pièces-cuisine de la banlieue parisienne. Je m’étire un peu, me lève, prends le temps de quelques mouvements et vais faire un café. Cette odeur matinale et suave presque tous les jours et l’amertume du café chargée d’images et de souvenirs m’envahissent. Je me prépare tranquillement tout en savourant mon café. Je m’active, je trie, je range. Au moment d’attraper l’aspirateur, j’enclenche la radio : des cuivres me sonnent dans l’oreille, me secouent et c’est dans ce rythme que je traîne cette machine qui tente de couvrir la musique avec le bruit de son moteur.
Je suis dans le rythme, dans l’ambiance, je sens la chaleur, la foule qui danse, chante et déambule dans les rues. Une débauche d’énergie accompagne ces gens, au puissant déhanché, qui se lâchent totalement ce mardi gras. Je suis au milieu d’eux, à une autre époque, un autre lieu.
Mais pourquoi cette chanson en particulier m’apporte ces images. Je sonde ma mémoire, pose l’aspirateur et me laisse guider par le rythme endiablé. Je suis en plein carnaval, je revois les rues de Fort-de-France et de Basse-Terre. Je remonte la foule bigarrée et le défilé. Je crie aux policiers :« Bleu pâle, bleu foncé », la couleur de leur uniforme. Ces derniers, penauds et sans expression, me regardent, nous regardent : mon frère est avec moi, derrière moi. Il crie plus fort que moi, il me guide !
Laisser un commentaire