Pour ce nouvel atelier d’écriture « Réminiscences », Valentine Pardo @Laphilosopheuse sur Instagram, a proposé de réinventer, réexplorer, donner une voix à nos souvenirs, qu’ils soient vrais ou faux.
Deuxième temps d’écriture : le personnage retrouve une photo où il apparaît enfant, mais il ne se souvient ni du lieu, ni de la personne, ni de l’animal ou de l’objet. Quelque chose cloche… Le personnage doute.
À suivre le récit de Nathalie.
Coup de chaud
En ce dimanche pluvieux, je décide d’aller chez mon frère. Assis dans le canapé nous prenons un thé. Au fil de la conversation, il me dit qu’il fait l’arbre généalogique de nos ancêtres et qu’il a passé tout le week-end dans le grenier à fouiller dans les albums de photos.
Tout à coup, il me tend une photographie. Je vois une enfant de trois-quatre ans. Après m’être attardé sur le sujet, je me reconnais sur la photo. Je la retourne et il y est écrit : Cavalaire, été 1976. De nouveau je regarde la photo et j’aperçois un détail surprenant : un seau avec un couvercle trône au milieu de la caravane et je suis juste postée devant en maillot de bain.
Année 1976, année de record de sécheresse. Mes parents m’ont raconter plus tard que l’eau était distribuée par des camions citernes approvisionnés par les sapeurs pompiers de la région. Je dis à mon frère : » Le seau au milieu de la caravane, c’était pour conserver l’eau de la journée ? »
Le voilà parti dans un éclat de rire et il m’explique que c’était mon pot de chambre car, ayant juste quatre ans, j’avais peur d’aller au sanitaire même accompagné. Il m’avoue aussi que les serpents que j’avais vus étaient de simples et inoffensifs orvets.
Vexée, je lui tends la photo. Non mais vraiment quelle idée de prendre un pot de chambre et moi trônant fièrement devant.
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