Pour ce nouvel atelier d’écriture « Réminiscences », Valentine Pardo @Laphilosopheuse sur Instagram, a proposé de réinventer, réexplorer, donner une voix à nos souvenirs, qu’ils soient vrais ou faux.
Deuxième temps d’écriture : le personnage retrouve une photo où il apparaît enfant, mais il ne se souvient ni du lieu, ni de la personne, ni de l’animal ou de l’objet. Quelque chose cloche… Le personnage doute.
À suivre le récit d’Olivier.
Le passé n’est pas toujours gris…
En déménageant cette maison qu’il n’avait jamais aimée, il était tombé sur une boîte qui lui rappelait vaguement quelque chose. En l’ouvrant, il avait retrouvé une série de photos de sa famille. Des photos dont il ignorait l’existence. On y voyait des repas dominicaux et des repas de fête, des vacances à la mer et à la montagne avec ses parents, ses frères et sœurs, ses cousins. Des périodes lointaines de son enfance et de son adolescence dont il ne tenait pas forcément à se rappeler. De plus, il n’avait pas la nostalgie du passé.
Il revint à son hôtel, un peu déprimé par cette journée dans une maison sens dessus dessous qu’il fallait vider pour la vendre. Après le dîner, il se sentait fatigué sans pour autant avoir envie de dormir. Il pensa sortir pour évacuer de sa tête les odeurs désagréables de cette vieille bâtisse sombre et sans âme où, enfant, il venait très souvent en vacances. Mais il pleuvait. Et il n’avait aucune envie de marcher sous la pluie dans cette lugubre atmosphère d’automne qui évoquait trop sa propre tristesse.
Dans un sac qu’il avait ramené de la maison, il retrouva la boîte de photos. Il parcourut à nouveau ces petits carrés de papier noirs et blancs jaunis, brillants et fragiles. Il remarquaqu’il n’y figurait que très peu. Comme s’il n’existait pas. Sur les quelques clichés où il figurait, il avait l’air maladif, grincheux. Comme si c’était le seul souvenir qu’on voulait laisser de lui. « On », c’est à dire celui ou celle qui prenait les photos.
Cette réalité n’était pas facile à admettre, encore moins à accepter. Mais, après tout, cela ne le surprenait pas…
Au fond de la boîte, il restait une ou deux photos, de plus petit format qui lui firent venir un sourire. Sur la première, on voyait deux gamins d’une dizaine d’années, hilares, déguisés en cow-boys, en train de s’amuser avec un chien. Il se reconnut et reconnut un copain d’enfance avec qui il était alors très lié. Sur la seconde photo, il nageait, fier et heureux de montrer qu’il savait avancer dans l’eau. Il n’avait pas oublié ces deux évènements qui avaient eu lieu au cours d’un mois de vacances formidables, passées chez les parents du copain. Un mois de vacances qui était resté l’un des meilleurs souvenirs de sa vie. Comme quoi le passé n’était pas toujours gris…
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