« Que d’émotions dans le boudoir »

« L’imagination domine le monde. »

Napoléon Bonaparte, empereur, général, homme d’état, militaire (1769 – 1821)

C’est en plein cœur de Bagneux, 10 place de la République, qu’Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a donné rendez-vous à Carmen, Charlotte, Dominique, Francine, Laurent, Marie-Claude, Muriel, Nathalie, Nicole pour un atelier d’écriture hors les murs : « Que d’émotions dans le boudoir ».

La bâtisse, adossée à l’église Saint-Hermeland, abrite notamment au premier étage le boudoir Masséna*, une pièce de 11 mètres carrés décorée de boiseries peintes de motifs inspirés des fresques romaines antiques, ainsi que du portrait d’une jeune femme. 

Après la visite guidée par François Delaboulaye de l’Association des amis de la Maison Masséna, Annie a invité le groupe d’écrivants à imaginer un récit autour d’une émotion forte avec comme contraintes : le lieu (le boudoir ou à Bagneux), repère temporel (aux alentours de 1810), deux personnages (Eugénie et un personnage, au choix André Masséna – La bonne – Le curé – La boulangère – Un artisan – Une amie danseuse d’Eugénie ou un ami musicien violoniste – Une couturière, etc.). À suivre leurs récits !

Encore un grand merci à François qui nous a d’ailleurs chaleureusement accueilli et à l’Association des amis de la Maison Masséna qui a perdu cette visite insolite. 

La Maison Masséna

La bâtisse a porté plusieurs noms. Le Presbytère, lorsqu’elle a été bâtie par le Chanoine François Chabanne de Rhode en 1760. La Maison des Augustins, au moment de son occupation par des chanoines de l’ordre de Saint Augustin à partir du milieu du XXe siècle. Et, aujourd’hui, la Maison Masséna par référence à son occupant de 1808 à 1814 ou plutôt son occupante, Eugénie Renique, maîtresse du Maréchal d’Empire, André Masséna.

En effet, le contrat de vente stipule que l’acheteur est une certaine Eugénie Renique, charmante jeune femme, fille de fermier général ruiné par la Révolution. Montée à Paris à l’âge de 20 ans, elle rencontre Masséna en 1801 alors qu’elle est danseuse à l’Opéra de Paris, près du Palais Royal. 20 ans les séparent. Il a 50 ans, elle 28. Très attaché à elle, Masséna obtiendra le privilège de la faire venir avec lui dans ses diverses campagnes. A la seule condition d’être habillée en homme.

Masséna fait construire une aile supplémentaire à la maison où il aménage une salle de réception, un salon et le fameux boudoir. Une pièce de 11 mètres carrés exclusivement féminine où Eugénie se réfugie pour être seule, pour discuter avec ses amies, voire pour recevoir son amant dont elle guette l’arrivée par les fenêtres romanes qui donnent sur la rue. Bref, un lieu où on parle d’amour. 

L’endroit est relativement sobre, un modeste plancher à chevron et une cheminée en marbre blanc. Les quatre murs de la pièce sont recouverts de panneaux de bois beige clair avec encadrement bleu et des moulures blanches. La décoration de style étrusque représente des aiguières encadrées d’oiseaux, de papillons, de libellules, et au milieu, le portrait inachevé d’une jeune femme blonde… Eugénie Renique ou plutôt Marie Chandellier, propriétaire du lieu de 1800 à 1804.

En 1813, Eugénie retourne dans son nord natal, à Saint-Amand-les-Eaux, après dix ans de relation avec Masséna. En 1816, elle revendra la maison.

Aujourd’hui, la maison appartient au Diocèse de Nanterre qui l’a louée à l’Association Pour l’Amitié (APA) dont la vocation, depuis sa création en 2006, est de permettre la cohabitation de volontaires et d’anciennes personnes ayant connu la rue et en voie de réinsertion.


Les informations de ce texte proviennent de diverses sources sur internet dont le site de l’Association des Amis de la Maison Masséna. https://fdelaboulaye.wixsite.com/website Pour autant, certaines versions sont contradictoires. Le texte est donc à prendre avec précaution. 

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En septembre 2023, le boudoir Masséna a été désigné lauréat du Loto du Patrimoine et de la campagne « Sauvons nos monuments ». Il a ainsi pu être restauré, entre avril et septembre 2025, grâce à la Fondation du Patrimoine, Ville de Bagneux, Région Île-de-France, Département des Hauts-de-Seine, Église catholique Hauts-de-Seine, DRAC.

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Photo @annyelleparis

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