La Permission 

À quoi sert vraiment l’espoir ? Est-il seulement une illusion douce qui nous aide à supporter les difficultés, ou joue-t-il un rôle plus profond et actif dans notre manière de vivre ? L’espoir est-il indispensable pour avancer, ou peut-il parfois devenir une source de souffrance quand il ne se réalise pas ? Bref, peut-on vivre sans espoir ? 

Après un temps de débat philosophique, Valentine Pardo @laphilosopheuse invite notre groupe d’écrivants à l’écriture. 

À suivre le récit imaginé par Nathalie.

La Permission 

Aujourd’hui, le temps est à la neige. J’ai froid. Le vent me glace le dos. Me voyant frissonner, Jean met son bras autour de mon épaule. Nous sommes à la gare du Nord et la permission de Jean est terminée. En cet hiver 1939, il doit retrouver son régiment. Main dans la main, le silence s’installe car nous ne voulons pas nous quitter. Je n’ose pas le regarder dans les yeux car j’ai peur que ce regard ne soit le dernier. La gare est quasi déserte. Peu de civils sont présents, seuls des jeunes militaires attendent leur train.

Je sers plus intensément la main de Jean. Il fait un quart de tour et m’embrasse. De longues minutes silencieuses passent. Je sens des larmes monter. Je pose ma tête sur son épaule. Une locomotive rentre en gare et un flux de femmes et d’enfants viennent accueillir leurs hommes, leurs pères pour une permission. Je me dis qu’ils ont de la chance. Pour nous, la permission est terminée.

L’heure du départ approche. Après de longues embrassades, Jean monte dans le wagon avec d’autres militaires. Par la fenêtre, Jean tend sa main que j’agrippe fermement. La locomotive démarre et je cours toujours, en lui tenant sa main. Les larmes coulent ce qui déforme la vision de Jean. Je me retrouve au bout du quai, esseulée. J’espère que Jean aura une permission rapidement et qu’il sera en bonne santé. 

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