« Il est celui » suivi de « Avec ou sans espoir »

À quoi sert vraiment l’espoir ? Est-il seulement une illusion douce qui nous aide à supporter les difficultés, ou joue-t-il un rôle plus profond et actif dans notre manière de vivre ? L’espoir est-il indispensable pour avancer, ou peut-il parfois devenir une source de souffrance quand il ne se réalise pas ? Bref, peut-on vivre sans espoir ? 

Après un temps de débat philosophique, Valentine Pardo @laphilosopheuse invite notre groupe d’écrivants à l’écriture. 

À suivre les récits imaginés par Anne autour de l’espoir.

Il est celui

Il est celui que les hommes, avides de pouvoir, veulent réduire à néant. 

Il est celui qui continue de faire battre les hommes humiliés et opprimés. 

Il est ce rai de lumière qui traverse les murs de ce cachot oublié. 

Il est cette goutte d’eau donnée à cette femme assoiffée. 

Il est ce rire de l’enfant émerveillé.

Il est celui qui nous fait oublier le noir. 

Il a pour nom : e s p o i r

Avec ou sans espoir

Elle était arrivée largement en avance. La nuit avait été courte. Le sommeil l’avait gagné par intermittence. Elle était prête depuis l’aurore et ne pouvait tenir en place dans son appartement. Elle s’était engouffrée dans le RER avec les travailleurs du matin. 

Oui, c’était bien aujourd’hui qu’il arrivait du continent sud-américain après des années d’absence. Elle avait vérifié à plusieurs reprises sur sa boîte mail, non ce n’était pas un mirage. « Je serai de retour le 15 février vers 13 h. » Depuis deux heures, elle errait dans les interminables halls. Cet incessant ballet de voyageurs et d’annonces, à un autre moment, l’aurait agressé, mais là, il participait à la frénésie de ce moment tant attendu.

Elle imaginait le premier regard, les premiers sourires s’esquisser sur leurs visages. 

Elle espérait un bonheur retrouvé et voulait y croire. 

Elle ne voulait pas se laisser envahir par le doute d’une froideur exposée. 

Elle sentait cette flamme embraser cette journée de février. Elle avait tout oublié, les nombreux mois sans nouvelles.

Aujourd’hui était un jour nouveau, le début d’une nouvelle ère. Tout semblait irréel sauf son retour.  Elle regarda sur le tableau des arrivées. Ça y est, l’avion venant de Santiago venait de se poser. Elle sentait son cœur s’emballer, ses joues s’embraser. 

Elle avait l’impression de n’avoir jamais été aussi heureuse. L’attente était finie. FI-NIE !!!!

La nuit venait de tomber sur cette journée de février.

Ses yeux brûlaient.

Invisible, elle se recroquevilla sur le siège métallique. 

Disparaître, disparaître.

Il n’y a plus que cela qu’elle espérait. 

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