À quoi sert vraiment l’espoir ? Est-il seulement une illusion douce qui nous aide à supporter les difficultés, ou joue-t-il un rôle plus profond et actif dans notre manière de vivre ? L’espoir est-il indispensable pour avancer, ou peut-il parfois devenir une source de souffrance quand il ne se réalise pas ? Bref, peut-on vivre sans espoir ?
Après un temps de débat philosophique, Valentine Pardo @laphilosopheuse invite notre groupe d’écrivants à l’écriture.
À suivre les récits imaginés par Adélaïde autour de l’espoir.
Fragments d’espérance
Élan de vie
Élan de mort
Quelques pas précis
Vers un rêve
Quelques mots parlés
Vers un souhait
—
Lune, Lune
Un mot répété
Un regard vers le ciel
Voilé
La lune est cachée
Demain à nouveau
Lune, lune
—
Une caresse retrouvée
Un regard qui se croise
Un croissant de sourire
Qui élimine le noir
Un cœur qui s’apaise
L’énergie qui arrive
Juste une once
—
Elle est là en moi
Une étincelle parfois
Une myriade d’étoiles d’autres fois
Au milieu des nuages
Et des gouttes de pluie
Au milieu des crépuscules et des aubes
Certains jours, je la suis
D’autres je l’oublie
Jamais longtemps
—
Je flotte
Je sombre
Un coup de pied
Je flotte
Je sombre
Un battement de main
Je flotte
Quelques instants
Je prend une belle inspiration
Je sombre
Je coule
Je touche le fond
Vais-je y rester
Sûrement pas
Je pousse sur mes pieds
Je pousse sur mes mains
Je crève la surface
Je suis épuisée
Mais je respire
Toujours
Je flotte
N’être rien
Elias écoute l’annonce : « Tous les vols en partance et à destination de la Réunion sont annulés ». Les mots étaient enfin posés. L’attente avait commencé, il y avait deux heures. La foule s’était épaissie au fil des minutes. Une impatience avait parcouru la cohue, à la vue des informations sur internet, la résignation s’était installée. Personne n’allait pouvoir bouger.
Sur les lèvres d’Elias, un sourire s’épanouit. Le dos calé contre la longue baie vitrée de l’aéroport, il allait pouvoir savourer les heures, peut-être les jours supplémentaires. L’ouragan arrivait. Elias se demandait s’ils allaient les laisser dans l’aéroport ou au contraire les évacuer. Pour le cas où ils resteraient, il serait aux premières loges.
Il entendait autour de lui les gens s’installer, prendre leurs aises. L’attente ne faisait que commencer. La rumeur des voix enflait à chaque seconde. Elias prit son sac à dos, le posa par terre, puis s’allongea, la tête dessus. Dans cette position, il avait une vue parfaite sur le ciel rempli d’étoiles, pas l’ombre d’un nuage.
Son cœur battait la chamade, les minutes semblaient défiler à toute vitesse. Bientôt, enfin, il verrait l’ouragan. Elias aimait les manifestations de la nature. Il vivait pour contempler les tempêtes, les tsunamis, les sécheresses et tout ce que la nature pouvait avoir d’extrême. Cet ouragan était inespéré !
Ce qu’il aimait aussi c’était savourer le temps juste avant. Il était impatient, mais il adorait cette impatience. Parfois, il arrivait même à la ralentir.
Il s’y attela tout doucement. Une respiration lente, qui faisait gonfler son ventre, la rumeur de la foule au loin : les étoiles dans son champ de vision. L’état de transe arrivait.
Ces étoiles étaient magnifiques, lumineuses. L’idée que lui était sur une planète à des années-lumière, l’idée du nombre de systèmes solaires présents dans la galaxie, l’idée de multiples galaxies le faisait se sentir minuscule. Un rien à l’échelle de l’univers.
L’ouragan lui procurait la même sensation. Il n’était rien face à la puissance et la destruction du vent. Et il était si vivant quand il avait l’impression d’être rien.
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