Nouveau défi pour les écrivants d’À Mots croisés… Transformer une expérience sonore en matière littéraire !
Placé sous la direction d’Alejandro Sandler et German Tort, l’Orchestre Académique de Lutetia www.orchestredelutetia.com a proposé, à la Maison de la Musique et de la Danse de Bagneux, un voyage musical aux couleurs de l’Europe du Nord et de l’Est. Au programme de la soirée : Bartók, Cardinaux, Grieg, Holst, Naprávník, Sibelius.
À l’issue du concert, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité les écrivants à l’écriture. Le récit devait être sonore, faire entendre des sons, des voix, la nature en Europe du Nord ou de l’Est, rappeler un fragment de vie là-bas, l’écriture pouvant être rythmée comme une partition avec des silences, des refrains, des mouvements lents…
À suivre le récit de Krzysztof.
Les escales musicales
Pour commencer, nous partons pour une escale hivernale au fond d’un fjord norvégien. Le génie des compositeurs scandinaves amoureux des lieux est de rendre avec une certaine retenue respectueuse l’atmosphère qui règne dans ces paysages grandioses et sauvages à la fois. Là où le son grave du violoncelle chante la puissance de cette nature majestueuse,la sonorité apaisante de la harpe l’adoucit en y ajoutant un petit supplément d’âme. Petit à petit, ce mouvement musical nous plonge dans un état d’introspection contemplatif où les silences ont leur mot à dire. Gagné par un sentiment de quiétude, l’auditeur croit entendre les flocons de neige tomber dans les eaux immaculées des calanques nichées au pied des montagnes sans se laisser troubler par l’austérité des sommets enneigés qui s’y reflètent.
Nous poursuivons notre voyage le long des rivages paisibles du lac Léman où l’artiste qui interprète avec brio le concerto pour harpe semble trouver son inspiration en y plongeant avec grâce ses pieds nus. Le talent du compositeur suisse contemporain, Michel Cardinaux, qui a composé ce morceau est de mettre à l’honneur la sonorité délicate et douce de ce bel instrument qu’est la harpe au lyrisme tout féminin qui nous fait penser aux tableaux inspirés des impressionnistes. Un beau moment de tendresse.
Notre voyage s’achève dans l’ambiance qui contraste fortement avec les escales précédentes. Nous sommes au bord du lac Balaton, là ou Bela Bartòk épris de la musique populaire de son pays a cherché son inspiration pour composer. Ces petites danses au tempérament tantôt triste, tantôt enjoué offrent à l’auditeur comme des tableaux expressionnistes où se mélangent les sentiments de joie et des larmes passant progressivement des mouvements lents à un déploiement d’énergie porté à son paroxysme.
Le pouvoir mystérieux de la musique est de pouvoir éveiller notre imagination et la faire voyager sans quitter le fauteuil d’orchestre dans lequel nous sommes confortablement installés. Ce fut le cas avec l’Orchestre académique de Lutetia.
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