Rendez-vous d’écriture autour de « La mécanique des cartes » ! Après la visite guidée du Musée français de la Carte à jouer à Issy-les-Moulineaux, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité chaque écrivante à tirer une carte à jouer. Le ton du récit à construire était dicté par la couleur, le personnage ou la valeur.
À suivre le récit imaginé par Charlotte !
Le deux de carreau
– Le hasard distribue les cartes, mais c’est nous qui jouons. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Arthur Schopenhauer. Elle te plaît, cette citation ?
– Oui, pas mal cette idée que nous jouons les cartes qu’on a tirées. T’as tiré quelle carte ?
– Le deux de carreau !
– Ben maintenant, tu dois jouer avec un deux de carreau. Le hasard t’a distribué une petite carte !
– Très bien, avec cette carte je peux faire plein de choses : manger deux morceaux de poulet, boire deux cafés, me marier deux fois, divorcer deux fois. Ça me convient tout à fait !
– Mais n’oublie pas que c’est le hasard qui t’a donné le deux de carreau !
– Le hasard, j’en fais mon affaire. Le chiffre deux me porte toujours bonheur. Je te l’ai dit, je peux manger deux bouts de poulet, épouser deux femmes, bon, divorcer deux fois, ça ne m’arrange pas ! Il faudra que je trouve une solution pour faire disparaître l’une des deux femmes !
– Et si tu avais tiré le trois de carreau ?
– Je n’aime pas les chiffres impairs, et ta question est saugrenue. J’ai tiré le deux, et j’en fais mon affaire.
– Remets ta carte dans le paquet ! Je suis curieux de savoir si quelqu’un d’autre va la tirer. Mais remets-la !
– Tu m’as dit deux fois de la remettre, or une fois aurait suffi. Je garde ma carte !
Il met la carte dans la poche de son veston, se lève, fait deux pas et se prend la porte à double vitrage. C’est le fruit du hasard s’il ne l’a pas vue !
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