Rendez-vous d’écriture autour de « La mécanique des cartes » ! Après la visite guidée du Musée français de la Carte à jouer à Issy-les-Moulineaux, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité chaque écrivante à tirer une carte à jouer. Le ton du récit à construire était dicté par la couleur, le personnage ou la valeur.
À suivre le récit imaginé par Francine !
Joker
Madeleine arrive à son cours de couture qu’elle anime depuis plusieurs années. Aujourd’hui, elle va lancer un défi à ses élèves. Chacun d’eux devra tirer une carte à jouer et fera son costume selon celle-ci. Le bal de fin d’année existe depuis une décennie et il faut marquer cet anniversaire. La consigne est de ne pas regarder sa carte, ils la verront ensemble quand elle leur en donnera le top. Quand le dernier apprenti couturier a la sienne entre les mains, Madeleine leur fait signe, tous retournent et découvrent leur prochain travail de couture.
Étienne, tout émoustillé à cette idée, a pioché le joker. En un éclair, il imagine déjà son habit, plein de couleurs, avec du rouge, du jaune, du bleu et des grelots, des rubans et des pompons.
Autour de lui, ses camarades regardent leur carte, avec des mines différentes, souriantes, satisfaites, déçues ou dubitatives. Madeleine est contente du résultat suscité auprès de son atelier. Même si certains tournent leur morceau de carton dans tous les sens, elle sait qu’elle saura les guider et que ce bal sera mémorable.
Puis, elle leur distribue des feuilles de papier. Elle leur demande de faire une première esquisse avec les couleurs de leur carte et surtout avec les détails des tissus et des accessoires qui les feront briller lors de cette soirée. Dessins qui représenteront l’image que leur a donné le hasard de la pioche. Bientôt, les crayons, les bâtons de pastel et les commentaires fusent entre eux. Les croquis se concrétisent, Madeleine va de l’un à l’autre pour quelques conseils. A la fin du cours, tous les costumes sont sur papier et prêts à être mis en œuvre. Les prochains cours seront intensifs.
Le joker d’Étienne danse sur la feuille, les couleurs éclatent, les rubans volent et on entendrait presque les grelots tinter, il lui ressemble, il est pétillant. Il a choisi des soies pour les rubans, des velours pour le pantalon et la veste, de la laine pour les pompons et des satins pour le bonnet.
Après des semaines de travail intensif, le grand jour est arrivé. Dans le grand salon, l’arrivée de l’école de Madeleine fait son effet. Les regards suivent et admirent le défilé des cartes à jouer. Le joker d’Étienne reçoit les applaudissements de la foule. Étienne tourne, fait des pas de danse et salue bien bas son public. Ce soir, c’est son soir et il n’a pas besoin de joker pour gagner « son quart d’heure de célébrité ».
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