« Mon âme à moi »

À l’occasion de la 28e édition du « Printemps des Poètes » du 9 au 31 mars 2026 placé cette année sous le thème de la « Liberté. Force vive, déployée. », Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a choisi de lancer Charlotte, Isabelle, Marie-Claude et Philippe dans l’écriture des « Chemins de la liberté ».

Une carte routière à la main, chacun a imaginé un personnage en quête de liberté et le chemin à parcourir pour la trouver. 

À suivre le récit de Charlotte.

Mon âme à moi

– Non, je ne suis pas encore libre, mais quand le serai-je ?

– Sois patient, répond mon âme. Pour l’instant, tu dois définir où tu veux aller. Tu te trouves où ?

– À la place de la Victoire.

– Et où veux-tu te rendre ? demande mon âme.

– À la place de Tourny. Mais je n’ai pas le sens de l’orientation !

– Prends une carte, ou plutôt, c’est plus moderne, regarde sur Google maps, enfin si tu as un téléphone portable sur toi, me suggère mon âme.

– Non, je n’en n’ai pas. Tu sais bien que je refuse la modernité, je te l’ai dit cent fois. C’est que je veux être libre de toute contrainte technologique, tu me suis ?

– Oui, répond mon âme. Je te suis. Tiens, je te donne une carte de Bordeaux.

Je sors une carte de Bordeaux de la poche de mon veston et l’ouvre.

– Je vois où je suis. En plein sud !

– Et bien tu vois, tu arrives à te repérer ! Dit mon âme. Tu veux aller au nord, c’est ça ?

– Oui, la place de Tourny est au nord. Le nord m’importe beaucoup, c’est une nouvelle étape dans ma vie, une vie de liberté, sans contrainte, une vie riche en événements heureux. Tu me suis ?

– Tout à fait, répond mon âme. Prends le cours d’Albret, puis le cours Clémenceau !

– Bon, tu me fatigues à parler sans cesse. Pourquoi y a-t-il un écho quand je parle ?

– Parce qu’on est deux, toi la personne physique, et moi, la personne morale, celle à qui tu parles, me répond mon âme.

– Bon, j’arrête de parler et de penser pour te faire taire un bon coup. Ou plutôt, je vais parler à ma liberté. Coucou, es-tu là ?

– Coucou, je suis là, répond ma liberté. Je suis toute à toi !

– Ah, ravi que tu sois là. Je suis sur le cours de l’Intendance.

– Tu t’est trompé de chemin, me dit ma liberté. Il fallait prendre le cours Georges Clémenceau !

– Ben tant pis. Tous les chemins ne mènent-ils pas à Rome ?

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