« Impairs, imperfections »

Démarrons notre série de récits « Des chiffres et des lettres » avec celui de Manon ! Bonne lecture !

 Impairs, imperfections 

​5, un nombre imparfait. J’ai toujours trouvé que 4 c’était bien, deux paires. En plus, 2 et 2 font quatre et 2 fois 2 aussi. Alors que 5, c’est un nombre bancal, il y en a un qui tombe toujours de côté. Regardez les Jackson Five ou les L5, ils se sont séparés ! On ne trouve pas de places à 5 dans le métro ? Mais à 4. Vous avez déjà vu des élèves se ranger par 5 ? Non, par deux. Les packs de lait ? Ils sont par cinq ? Rien n’est fait pour cinq, alors une famille, vous pensez que ça peut fonctionner ? Vous l’auriez compris, les nombres impairs, ça ne marche pas.

En plus, étant le seul fils, c’est moi le laissé pour compte. Exclu de ma fratrie par mes deux grandes sœurs, je cherche ma place. Nous n’étions pas comme les cinq doigts de la main tous les trois. Elles étaient toutes les deux dans leur chambre et moi, j’avais la mienne, seul, comme un malheureux. Tous les soirs, sans exception, elles jouaient. Elles s’organisaient leurs jeux bien ficelés, elles jouaient « aux dames ». Je suis un garçon certes, mais c’est à ce jeu que je voulais jouer, « aux dames ». Attention, pas le jeu de pions, elles s’inventaient des vies, des vies de femmes qui avait un mari, des enfants, un travail. A l’époque, je ne comprenais pas tout car mes grandes sœurs ne partageaient rien de leurs jeux secrets. J’étais « trop petit » à ce qu’elles disaient. Pour m’inclure dans leur jeu, je n’avais qu’une solution. A travers le mur qui séparait nos deux chambres, j’espionnais. Mon oreille collé contre le mur, j’essayais de comprendre ce qui se murmurait de l’autre coté… Evidemment, je n’entendais pas grand-chose, à part les murmures des rires et des bruits inconnus. Le mur ne laissait rien filtrer . Alors, je finissais par toquer, en espérant qu’on m’entende, une fois, deux fois, pour qu’on me laisse jouer. Jouer à travers le mur, pourquoi pas. J’avais l’espoir qu’on me propose de participer à un jeu incroyable à 3.

Malheureusement, je n’avais pour seule réponse : « Simon, arrête ! »

Alors, je continuais, trois, quatre coups, je participais un peu, à ma manière. C’est comme si je jouais à un jeu que j’étais le seul à comprendre mais au moins, c’était avec elles, enfin d’une certaine manière. Après tout, si je ne pouvais pas jouer, personne ne le pourrait. Elles ne voulaient pas de moi, alors je nuisais, c’était devenu ma spécialité. Jusqu’à l’arrivée des deux chefs qui viendraient régler le problème en deux temps, trois mouvements.

 Alors, Parents de 3 enfants, pensez qu’à cinq c’est souci, si deux plus un font trois, l’un est seul si les deux s’en soucient pas.

 

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