Bagages

Un bagage est ce que l’on porte sur soi ou avec soi – cela peut être un sac, une valise (avec ou sans roulettes), un baluchon, un sac à dos, un sac de marin, un barda, un paquetage, un attirail, un fourniment, une caisse, une malle, un coffre, une cantine, un conteneur  qui contient les affaires d’une personne en voyage, dans n’importe quel type de transport en mouvement. Il contient des vêtements, des affaires de toilette, des petits objets, certains utiles au voyage et au retour de celui-ci, des souvenirs.

Racontez-nous l’histoire d’un bagage… abandonné, perdu, volé, cassé, trouvé … d’une valise vide…

ou faites une liste à la Perec, des objets plus ou moins importants, des objets qui ont une histoire, des objets qui de la valeur finale ou/et sentimentale, des objets uniques, rares, précieux, irremplaçables, etc.

Bonne écriture !

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Quelques idées de liste 

Dans ma valise, il y a/avait un pull rose que m’avait tricoté ma grand-mère 

Dans ma valise, il y a/avait le doudou de ma fille…

Dans ma valise, il y a/avait le …

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Quelque extraits à lire

Sac à terre! J’en étais sûr! C’est la revue des vivres de réserve, à présent. À genoux devant le barda débouclé, il faut tout démonter, tout défaire, tout sortir, pour retrouver la tablette de potage salé écrasée sous les chemises ou le cube de café qui s’émiette dans les chaussettes, et salit le linge.

Les Croix de bois, Roland Dorgelès 

C’est une valise on ne peut plus ordinaire.

Elle est marron. Elle est grande.

On pourrait y mettre beaucoup de choses.

Mais aujourd’hui, elle est vide.

Dessus il est écrit le nom d’une petite fille, Hana Brady ; une date de naissance, 16 mai 1931 ; et un mot, « orphelin ».

Cette valise vient du camp d’Auschwitz.

Qui était Hana Brady ?

Que lui est-il arrivé ?

L’Histoire d’Hana, Karen Levine

3 commentaires sur “Bagages

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  1. 40 ans. Cela faisait quarante ans que Lucien n’avait plus vu cette valise.

    Elle n’avait rien d’extraordinaire cette valise de carton bouillie comme cela se faisait en ce temps-là.

    Non c’était plutôt un bagage hors d’usage aux serrures rouillés, à l’intérieur déchiré par endroit et à la poignée qui menaçait de rendre l’âme.

    N’importe qui l’aurait jeté au vu de son état pitoyable. 

    Pourtant, en l’exhumant du grenier, Lucien ne s’attendait pas à un tête à avec son passé. 

    Il la regardait avec tellement de tristesse que Sarah sa fille en eut le cœur serré.

    • Papa, ça va ?

    – Oui, ma fille. je vais bien.

    – Je n’en ai pas vraiment l’impression. 

    – Si, c’est juste le passé qui s’invite aujourd’hui dans ma vie. Tu vois cette valise ?

    Sarah opina du chef.

    – Elle est tout ce que j’avais en quittant les camps. Toute mon existence tenait dedans et c’était beaucoup en ce temps là. J’y avais rangé les souvenirs de ces quatre années de détention (il refusait obstinément le nom d’interné), mes conversations avec les autres codétenus, les coups des gardiens, les morsures des chiens, la faim qui tiraille et des millions de cris de larmes et de sang. Mais le plus précieux était le sourire de ma sœur qui jamais n’avait renoncé à espérer en des jours meilleurs. Voilà tu vois c’était une valise très lourde à porter moi qui n’avait que la peau sur les os.

    Sarah essuya furtivement une larme. Elle savait l’histoire de sa famille mais jamais son père n’avait accepté de lui raconter les détails les plus douloureux.

    Cette valise devenait un livre ouvert, un livre qu’il ne devait jamais être oublié.

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  2. Récit imaginé par Francine

    Je suis en contemplation de cette foule pressée. En ce jour d’été, je suis installée sur la terrasse d’une crêperie bretonne, quartier Montparnasse oblige.

    Dégustant tranquillement ma crêpe chocolat chantilly et ma bolée de cidre, je regarde le défilé de cette multitude de personnages. J’aime ce quartier, c’est là qu’arrivaient les Bretons fuyant la misère et en recherche de fortune dans la capitale. C’est aussi le coin choisi par des artistes en tous genres dans l’entre-deux-guerres.

    Mes yeux s’attardent sur une fillette en robe vichy rose, des cheveux longs d’un blond presque blanc. Elle passe devant moi, sans un regard pour ma petite personne, suivant de ses petits pieds une jeune femme, blonde aussi, sûrement sa mère. Sa menotte agrippe une valise à roulettes rose avec une figurine de dessin animé sur le dessus. Celle-ci est un peu trop grande pour l’enfant et un peu trop lourde, mais la blondinette ne la lâche pas et la tire sans dire mot. Toutes les deux traversent la rue, se dirigent vers la gare.

    L’image rose s’éloigne dans la foule, devenant plus petite à chacun des pas de la gamine. Bientôt, elle est noyée dans la marée humaine. Je reprends ma rêverie en finissant mon assiette.

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  3. Récit imaginé par Dominique

    Où commence le voyage ?

    Dans le placard à coup sûr. Mais pas n’importe lequel, le placard aux bagages. Il faut déjà enlever le haut de la pile et par strates successives accéder enfin au sac de voyage à roulettes remisé là depuis les précédentes vacances. L’extraire, l’épousseter, et découvrir ce qu’on y avait laissé la dernière fois, par dépit de revenir ou par flemme de ranger.

    Où étions-nous partis déjà ? Un rapide coup d’oeil sur l’étiquette du bagage. Ah oui, l’Ecosse bien sûr ! Départ immédiat : me reviennent tout de suite en mémoire la grande sauvagerie des paysages, les bouffées de vent et d’iode, le ciel étonnamment clément. C’était une bien belle découverte.

    Cette année, changement de cap : une île au sud. Je commence à remplir le sac : shorts, maillot de bain, crème solaire. Le voyage commence, je suis déjà en partance pour la Corse et les odeurs de myrte et de salsepareille du maquis.

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