La petite bête

L’été, on aime se détendre en plein air, se balader, pique-niquer. Pourtant, ces moments de plaisir peuvent rapidement se révéler inconfortables. 

De petites bêtes (moucherons, pucerons, guêpes, frelons, araignées, etc.) s’invitent sur votre belle tarte aux prunes, des fourmis se régalent des miettes de notre petit-déjeuner en terrasse, un moustique affamé trouble votre sommeil, une tique s’incruste sur votre dos, une méduse rose ou une physalie bleue s’accroche à votre mollet, une vive bien camouflée dans le sable pique la plante de votre pied, un goéland vole votre sandwich … L’arrivée de ces intrus peut être source de souvenirs inoubliables. 

Imaginez une histoire de petits bobos en tout genre, de l’égratignure aux brûlures et démangeaisons provoquées par des orties, des chardons, des buissons épineux, des cactus, des pollens… 

C’est à vous ! Racontez-nous une histoire avec de petites bêtes, plus ou moins drôle, et surtout pas dramatique ! On aime les happy ends ! 

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Extraits

Rentrez, mes guêpes, vous trouverez pour vous y reposer un camélia blanc, et des bruyères couvertes de leurs petites clochettes purpurines, et un héliotrope d’hiver qui exhale une suave odeur de vanille. Rentrez et reprenez haleine, vous n’avez pas à regretter les légères blessures que vous avez faites ; vos innocentes colères sont justes et généreuses ; vous êtes d’honnêtes guêpes. Le premier jour de l’année 1840, j’ouvrirai cette porte en vitraux colorés qui donne sur le jardin, et je vous laisserai prendre encore une fois votre volée.

« Les Guêpes » d’Alphonse Karr, 1858

L’été se marque non moins par ses mouches et moustiques que par ses roses et ses nuits d’étoiles…

« Jean Santeuil » de Marcel Proust, 1895

Moi, un animal qui ne souffrirait pas… me ferait très peur. Mais ce concept est faux. Car la fourmi décapitée émet une odeur particulière. L’odeur de la douleur. Il se passe donc quelque chose. La fourmi n’a pas d’influx nerveux électrique mais elle a un influx chimique. Elle sait quand il lui manque un morceau, et elle souffre. Elle souffre à sa manière, qui est sûrement fort différente de la nôtre, mais elle souffre.

« Les Fourmis » de Bernard Werber, 1991

Les moustiques de notre quartier sont bizarres, ils aiment trop la transpiration, comme ça ils se collent à ta peau et ont tout le temps de bien sucer ton sang jusqu’à cinq heures du matin. En plus, lorsque je suis dans la moustiquaire, je ressemble à un cadavre, les moustiques qui tournent autour de moi sont comme des gens qui me pleurent parce que je viens de mourir.

« Demain j’aurai vingt ans » d’Alain Mabanckou, 2005

2 commentaires sur “La petite bête

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  1. Récit imaginé par Carmen

    L’été, les vacances, la campagne, la rivière, les barbecues, les champs de blé et les petites bêtes. Dès le petit-déjeuner pris sur la terrasse, je jetais des miettes de pain pour observer les fourmis à l’œuvre. C’était un vrai spectacle que de les voir porter des morceaux bien plus gros qu’eux. La cohorte des insectes qui repartaient à la fourmilière faisait une longue traînée noire sur le carrelage. Parfois, je m’amusais à poser des obstacles sur leur chemin, juste pour voir comment elles allaient les surmonter ou les contourner. En revanche, j’avais une peur panique de tout ce qui pouvait piquer. Guêpes et autres volants me tétanisaient et sitôt que j’entendais un bruit ailé, je prenais mes jambes à mon cou.

    Et toutes les vacances se passaient entre petites et grosses bêtes. Entre les vaches du pré voisin qui amenaient une myriade de mouches qui nous astiquaient tout le jour et les grenouilles de la mare toute proche, abritant une réserve incalculable de moustiques. 

    Chaque matin, je comptais les piqûres supplémentaires en plus de celles qui me grattaient déjà. Ma grand-mère, pragmatique dans l’âme, me répétait à l’envie que les petites bêtes ne mangeaient pas les grosses. Au vue de mes démangeaisons,  je n’étais pas persuadé de la maxime. J’ai toujours pensé que les insectes gouvernaient un jour la planète.

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  2. Récit imaginé par Carole :

    Les premières vacances que j’ai passées avec Paul, c’était au Sénégal. 

    Nous avions choisi cette destination touristique pour la diversité de ses territoires :  au nord le désert qui contraste avec les plages tropicales du sud. Nous sommes arrivés à l’aéroport Blaise-Diagne un mercredi matin, il faisait chaud et humide ; le ciel bleu sans aucun nuage était très bas. “Le Djoloff » un des plus grands hôtels de la capitale nous a accueillis dans un environnement  spacieux : un parking, une piscine une la plage au sable blanc et fin et de nombreux employés à notre service. Notre chambre décorée d’objets d’artisanat local mesurait environ soixante mètres carrés et nous convenait parfaitement : le matelas était confortable, les oreillers mémoire de forme. Nous avons passé ce premier jour sur les transats de la piscine à faire le point sur le programme des prochains jours. Vers minuit, nous avons gagné notre chambre. 

    C’est à ce moment-là que j’entendis le bruit lancinant d’un moustique. Il s’approcha de mon oreille droite et fit des va-et-vient. Le bruit aigu des battements de ses ailes était si élevé que j’avais l’impression qu’il voulait me dire quelque chose.

    –         Allons ! Pas d’anthropomorphisme ! me dis-je intérieurement, il cherche juste à te piquer !

    Je fis un geste brusque de la main droite, mais j’eus l’impression qu’il revenait avec plus de force, plus de vitalité. Agacée par cette bébête, je mis la climatisation en marche. C’est à ce moment-là que Pierre m’interpella :

    –        Non ! Pas de clim ! La climatisation dégage du gaz à effet de serre qui nuit à la couche d’ozone ! Eteins, s’il te plait !

    Je m’en foutais de la couche d’ozone, mais je me suis exécutée.

    Je suis allée dans la salle de bain pour me rafraîchir le visage, j’ai changé mon pyjama pour une nuisette et j’eus de nouveau l’impression d’entendre le ronronnement d’une ribambelle de moustiques dans mes oreilles, et j’en découvris deux sur mes avant-bras.

    Vexée par le manque de considération de mon copain, j’ai fermé les fenêtres, baissé les stores et mis la climatisation en marche à dix-huit degrés. Nous nous sommes endormis.

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