Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en silence, dans un espace familier : le Parc Richelieu de Bagneux.
Le silence devient ressource, l’écriture devient sensible. L’exercice n’est pas de chercher, mais d’attendre, d’avancer sans intention, de regarder, écouter, sentir, toucher, de s’arrêter, de cueillir un détail, un rien inattendu. Le parc devient un prétexte pour apprendre à s’arrêter. L’attention devient la tension de l’écriture : « Presque rien, et pourtant »
A suivre le récit imaginé par Francine !
Ma Cabane au parc
Après une journée de travail, je vais rejoindre ma petite famille. Quelques pas dans l’allée montante du Parc Richelieu sous le soleil déjà chaud d’un jour de printemps. Je m’arrête un moment, devant un hêtre pleureur majestueux, sûrement vieux de plusieurs décennies. Je sors de l’allée bétonnée, marche sur le tapis d’herbe vers lui. Je réponds à son invitation à pénétrer son ombre.
Je fends le rideau vert de ses feuilles, pour me glisser dans son intimité. Aussitôt, je me sens comme dans un cocon, enveloppée et protégée par ce plafond de branches enchevêtrées garnies d’un feuillage touffu, percé de quelques rayons de soleil. Plafond qui descend jusqu’au sol. Je prends place sur une grosse racine, m’en servant comme un fauteuil, le tronc rugueux de dossier. Sur le sol courent ses racines, formant une toile emprisonnant des végétaux secs, restes de l’hiver. Les feuilles mortes et sèches composent un tapis marron à l’odeur musquée, qui crissent sous mes pieds. Des oiseaux ont trouvé refuge sur ses branches hospitalières, la mélodie de leur chant me fait sortir de ma rêverie.
Ici, il fait bon se reposer, loin du tumulte de la ville. Je ferme les yeux, confortablement installée dans mon sofa improvisé, je suis à l’écoute de la musique de la nature, la symphonie des oiseaux, le bourdonnement des insectes virevoltant et le bruissement des feuilles. Je hume l’odeur de la terre humide qui me fait penser aux champignons. Je savoure l’instant présent un long moment, avant d’être rappelé à la réalité, par les cris d’un enfant. « Maman, maman, tu te caches où ? »
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