Samedi 28 janvier 2023, la Médiathèque Aragon de Bagneux fêtait ses 40 ans, mais aussi mettait à l’honneur Aragon qui nous a quittés, il y a 40 ans. Pour l’occasion, Djema Vouland, responsable Actions culturelles et Communication, avait invité À Mots croisés à proposer une animation d’écriture : « Je m’inspire d’Aragon ». Pendant deux heures, Annie, intervenante d’A Mots croisés accompagnée par Nathalie, écrivante, a guidé adultes et enfants sur les traces d’Aragon.
Après la lecture du poème « Le Fou d’Elsa » de Louis Aragon, Annie a rappelé quelques grandes lignes de l’écriture poétique.
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble.
Puis, elle a proposé aux participants de choisir un ou deux vers d’Aragon (ou plus !), leur a suggéré quelques rimes et les a invités à imaginer la suite.
« Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire »
« Le temps de rêver est bien court »
« Je suis plein du silence assourdissant d’aimer»
« Il n’y a pas d’amour heureux»
« Il n’y a jamais rien de si beau qu’un sourire»
« Il n’y a pas de lumière sans ombre »
Nous vous laissons tout au plaisir de lire les créations poétiques de Anne, Anne-Marie, Dominique, Emma, Hafida, Laurent, Nathalie, Sophie. A noter que, pour la plupart des participants, il s’agissait d’une première expérience d’écriture en atelier, ils avaient « peur » d’écrire. Pourtant, ils ont vite oublié leurs appréhensions et ont écrit à partir d’un vers, puis d’un deuxième, puis d’un troisième … Le moment de lecture, de partage des textes, leur a permis d’apprécier la richesse des écrits et de saisir combien l’expérience d’écriture en groupe peut aussi être forte au niveau émotionnel.
Le temps de rêver est bien court
L’aube s’approche et dit bonjour
Tu te perds au carrefour
De la nuit et de l’Amour
Sophie
Le temps de rêver
Est bien court
A peine effleuré
Au son du tambour
Il s’enfuit
Il court
Il sourit,
Mais sans retour
Déjà l’ombre ambrée
Ternit le soir doré
Et sa promesse de vergers
C’est vrai, il est bien court
Le temps de vivre et de rêver
Dominique
Le temps de rêver est bien court
Aurai-je eu le temps de te le dire, mon amour
Ma vie avec toi fut un agréable séjour
Hafida
Le temps de rêver est bien court
La nuit disparaît au carrefour
Et les nuages du jour
Le traversent avec mon amour
Sophie
Le temps de rêver est bien court
Un séjour furtif dans le sommeil
À peine le temps de dire aux anges : Bonjour !
Emma
Le temps de rêver est bien court
Mais depuis que tu es là mon amour
Ma vie a le doux parfum des songes de velours
Anne
Le temps de rêver est bien court
J’y songe, ailleurs, en silence
Perdre conscience sans détour
Pour un séjour coïncidence
Doux souvenirs en liberté
Espoirs teintés d’effervescence
Éphémères, en réalité
Les dénouements ont leurs absences
Le temps de rêver est bien court
A contre jour, inaperçu
Prêt à sursauter, le cœur lourd
De retour de l’inattendu
Laurent
Il n’y a jamais rien de si beau qu’un sourire
Et pourtant nous n’avons pas eu le temps de vieillir
La mort est venue telle un vampire
Et pourtant il me faut encore agir
Hafida
Il n’y a jamais rien de si beau qu’un sourire
Comme une fleur d’humanité à offrir
Comme un pansement pour ne pas souffrir
Anne
Il n’y a pas d’amour heureux
Je vois la braise dans tes yeux
Cette incandescence comme le feu
Rien qu’un seul adieu
Nathalie
Il n’y a pas d’amour heureux
Et pourtant, nous fûmes amoureux
Sous le soleil des différents cieux
Et des souvenirs que je garde si joyeux
Hafida
Il n’y a pas d’amour heureux
Juste les cendres encore chaudes des feux
Sans doute quelque chose de joyeux
Emma
Il n’y a pas de lumière sans ombre
Il n’y a pas de terre sans arbre
Il n’y a pas de lumière sans soleil
Il n’y a pas de prière sans rêve
Rien qui élève
Il n’y a ni ombre
Ni terre
Sans arbre
Sommes-nous donc de marbre ?
Dominique
Il n’y a pas de lumière sans ombre
Il n’y a pas de nuit sans jour
Il n’y a pas de crépuscule sans aurore
Il n’y a pas de tristesse sans amour
Tu es là et tu attends
Sophie
Je suis plein du silence assourdissant d’aimer
Tout mon être est survolté
Il est temps de s’aimer sous un pommier
Que de plaisir ensemble partagé
S’aimer sous le ciel printanier
Nathalie
Anne-Marie a, quant à elle, été inspirée par « Le Fou d’Elsa » et livré ce texte poétique.
Faut-il préférer un moment spécial
Que dire de l’aube et de l’aurore
Un instant furtif
Ou quelques instants prolongés
Que dire de notre amour
Dans un moment heureux
Nous nous sommes promis
De dormir ensemble
A notre rencontre déjà lointaine
Notre chemin ira loin
Jusqu’à l’horizon de la Terre
Mon cœur est déposé dans tes mains
Ton cœur et mon cœur
Unis dans le temps
Nous nous sommes promis
De dormir ensemble
Mon amour est tien
Le ciel étoilé nous éblouira de mille feux
Notre étreinte sublime
Je t’aime de toute mon âme
Et aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ainsi ensemble
Demain, nous partagerons les vers imaginés par les enfants. A suivre !
Et … si vous aussi êtes inspiré par l’un ou l’autre vers d’Aragon, n’hésitez pas à partager avec nous votre création poétique !
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