Dès l’ouverture de la Maison des Matrimoines et des Patrimoines au printemps dernier, À Mots croisés y a planifié plusieurs ateliers d’écriture.
C’est ainsi qu’en juillet dernier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés y a proposé une animation d’écriture grand public et gratuite : « La maison aux mille secrets » (lire les récits en ligne).
Pour la saison d’écriture 2026 – 2027, Annie a planifié un cycle d’écriture dans ce petit musée axé sur l’histoire locale de Bagneux, mais aussi sur les femmes et les hommes qui ont façonné la ville, révélé l’identité balnéolaise dans sa diversité et sa pluralité.
Fin août, le premier atelier était consacré à « Ma ville, un jour de fête ».
Après la visite guidée de l’expo temporaire proposée par Loïc Canitrot, le médiateur des lieux, Annie a invité Carmen, Charlotte, Emilie, Marie-Pierre, Muriel et Philippe à choisir une proposition d’écriture et à situer leur histoire imaginaire dans les années 60-70.
À suivre leurs récits qui devraient non seulement vous donner envie de visiter ce lieu unique d’histoire vivante, mais aussi de participer ou d’assister à la prochaine Fête des Vendanges, les 26 et 27 septembre 2026.
https://www.bagneux92.fr/314/fete-des-vendanges.htm
🍇Petit bonus en plus : l’histoire de la Fête des Vendanges dans ses grandes lignes, une compilation d’informations réalisée par l’intervenante, Annie Lamiral, à partir des bulletins municipaux en ligne. Cette synthèse tout comme une série thématique centrée sur les défilés, la mise en broche du bœuf, les reines, la fête foraine, etc.- ont permis d’enrichir les récits des écrivants.
https://archives.bagneux92.fr/
🍇À Bagneux, la fête bachique des vendanges est conservée avec ses rites jusqu’au début du 20e siècle. Les témoignages abondent sur ce cérémonial.
Un vigneron de Bagneux, Albert Maugarny, raconte que « c’était une fête villageoise. Elle attirait des foules qui venaient de loin. Elle durait un mois, elle était très courue. » On y dégustait le vin doux en mangeant les premières châtaignes, des frites et des moules. Il y avait alors des marchands à chaque coin de rue. Les tables rustiques sorties des boutiques contenaient difficilement la foule des buveurs. Dans les années d’abondance, le vin était vendu quatre sous le litre. Le quidam, qui entrait dans un débit pour s’y désaltérer payait à l’heure écoulée, quel que soit le nombre de verres consommés (quatre sous de l’heure).
C’était la fête du vin nouveau, dont les cafés ornés de raisins et de guirlandes étaient les rois incontestés.
En 1907, on met à jour des sculptures de pierre profondément enfouies dans le sol. La principale est une statue de Bacchus. Mesurant 1,50 m représenté sous son traditionnel aspect juvénile, il est posé à cheval sur un tonnelet. Les bras avaient été brisés, on retrouvera une main près de la tête couronnée de pampres et de feuillage, le corps est nu. Le conservateur du musée Carnavalet vient sur les lieux de la découverte archéologique, il semble qu’on n’ait pas remarqué que celle-ci se trouvait près de l’endroit où existait jadis un des sept pressoirs banaux de Bagneux. Ce dernier était installé dans l’ancien hôtel de la duchesse de Chevreuse, en la censive du duc de Penthièvre, sur l’ancien fief d’Agnès de Garlande, avenue Albert Petit. Dans ces pressoirs banaux se déroulait à Bagneux les mêmes rites qui constituaient, consciemment ou non, le culte de Bacchus au témoignage d’Albert Maugarny, qui demeurait près de là « Le vin était en si grande abondance certaines années que toute la population non vigneronne était gorgée de vin doux. Les voisins, les passants, les voyageurs, inconnus même qui curieusement, entraient dans le pressoir, étaient aussitôt armés par le propriétaire du cru d’un verre ou d’un pichet, qu’ils étaient invités à boire en l’honneur de Bacchus. »
Il est remarquable de constater que la fête de Bagneux, qui avait perdu son caractère bachique, dès la guerre de 14, ne disparut jamais complètement. Ce n’était plus les réjouissances villageoises, et l’on ne venait plus de loin déguster le vin nouveau, des vignes des Tertres, des Coquarts ou des Cuverons. Chaque année, le premier dimanche d’octobre, un manège de véritables chevaux de bois qui montaient et descendaient sur leur barre de cuivre, et il y avait aussi des baraques de forains qui n’oublièrent jamais la tradition ancienne.
En 1960, le Comité des fêtes de Bagneux décide d’organiser un grand carnaval, parfois appelé cavalcade, pour renouer avec la tradition viticole de la ville et l’histoire des vendanges.
Dans les années 1970, le Carnaval des vendanges de Bagneux était le plus grand d’Île-de-France. Il rivalisait même avec le célèbre Carnaval de Nice : jusqu’à 68 chars de parade, des groupes folkloriques, des fanfares, des majorettes, et jusqu’à 200 000 participants. Défilés, animations, spectacles, dégustations…
Si la Fête des vendanges a beaucoup évolué, de la Corrida pédestre à la course pour la Paix, de la ronde cycliste aux Courses de rollers, des corsos fleuris à l’élection de la Reine des vendanges, des groupes folkloriques aux défilés des associations, elle a gardé cette capacité à faire vivre la convivialité et la solidarité.
En 1982, la municipalité décide de replanter 750 pieds de vignes au lieu-dit la Lisette afin de valoriser ce patrimoine local. On y produit un vin mis à l’honneur chaque année par la Confrérie Balnéolaise des Chevaliers de Bacchus.
En 2003, ayant à cœur de soutenir la création artistique, elle devient un festival des arts de rue et du cirque, faisant entrer spectacles et concerts au cour des parcs et des rues. Elle demeure aussi le rendez-vous de Si t’es môme (une animation particulière pour les enfants), de la Course pour la Paix et des associations locales qui en font un temps de rencontre et d’engagement collectif.
La Fête des vendanges est un grand rendez-vous populaire, une expérience collective, festive, intergénérationnelle et gratuite pour le public !
🍇Variétés de vin à Bagneux
Le maillet, le gouet, le mourillon, le bacco, le meunier. Le meunier était ainsi nommé à cause de ses feuilles duvetées comme poudrées de farine. C’était une très bonne variété mais peu productive à Bagneux. On allait vendre une variété hâtive aux Halles, dans des paniers appelés flains. Il y avait aussi le raisin teinturier qui donnait de la couleur. L’introduction de la variété Othello n’a pas amélioré la qualité du vin.
🍇Chemins empruntés par les vignerons, la hotte au dos et leurs épouse en jupes longues, le panier au bras :
Mail des Tertres, sente des Cuverons, rue des Pichets, Fontaine-Gueffier
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