« Autrui est un secret parce qu’il est autre » Jacques Derrida
Faut-il se libérer de nos secrets ? Le secret n’est-il pas, par essence, ce qui est destiné à être révélé ? Quand décide-t-on qu’un secret est un secret ? Un secret peut-il ne plus être un secret ?
Après un temps de débat philosophique, Valentine Pardo @laphilosopheuse invite à l’écriture. Raconter un épisode familial, un secret à travers le prisme d’un objet et trois générations : la personne qui l’a vécu, celle qui l’a reçu, celle qui le découvre et enquête. À suivre les récits de Michel.
Le Secret de Papa
Pauline
Notre Papa vient de décéder. Quelque temps après la cérémonie, en l’absence de mes sœurs : l’une partie faire des courses, l’autre étant allée à son cours de danse, je vais chercher des jus de fruits à la cave. Mon regard tombe sur un carton, carton que je vois pour la première fois. Curieuse, j’ose l’ouvrir et je découvre qu’il contient, entre autres, un testament et divers objets hétéroclites.
J’ouvre ce testament qui indique : « Ceci est mon testament » avec la signature de mon Papa. Ce qu’il contient me stupéfait. Je remets le testament dans la boîte que je referme. Je remonte à la cuisine et je constate que j’ai oublié de remonter les jus de fruits… Sur ce, Émilie, ma sœur aînée, revient de ses achats. Je lui parle de ce carton et que j’attends le retour de Jacqueline, ma cadette.
Émilie (sœur aînée)
En revenant de mes achats, ma sœur Pauline a remarqué un colis dans la cave. Je demande si nous pouvons ouvrir cette boîte. Quand Jacqueline est de retour de son cours de danse, dix minutes après, c’est toutes les trois que nous découvrons le secret de Papa.
Jacqueline (la cadette)
En revenant de mon cours de danse, je trouve mes sœurs attablées devant les jus de fruits. Elles m’apprennent que Papa a fait un testament. Nous descendons toutes les trois à la cave avec notre mère. Mes sœurs me disent de lire le testament. Nous découvrons que notre père ne nous lègue qu’une partie de la succession et qu’il demande que le reste soit légué à des œuvres caritatives.
Médusées, nous levons les bras au ciel…
– Maman, pourquoi Papa nous a fait ça ?
– Je n’en reviens pas ! Nous l’avons tant chouchouté pendant tant d’années que nous valons bien… UNE ŒUVRE CARITATIVE !!!
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