Sur un panneau de la Maison des Matrimoines et des Patrimoines, on peut lire que Bagneux est une ville d’actions dont les valeurs sont l’engagement, l’épanouissement, la solidarité.
Après une visite guidée de l’expo « Luttes – Solidarité – Paix » par Loïc Canitrot, médiateur du Clos des Sources, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité à l’écriture autour de « Des voix pour un lycée – Quand les idées s’affrontent, les paroles s’élèvent, les mots résonnent ! »
Annie a dégagé plusieurs pistes d’écriture : imaginer une (vive) discussion sur cette injustice territoriale, rédiger une pétition ou un récit à plusieurs voix.
À savoir le récit imaginé par Nicole et Michel.
Le Monstre du Loch Ness
Je me présente : le fantôme le plus célèbre des Hauts de Seine et toujours à Bagneux !
C’est en 1956 que l’on commence à parler de moi pour l’achat de terrains sur lesquels on devrait m’installer.
32 ans après, en 1988, je refais surface dans une pétition municipale pour m’édifier des locaux sérieux. Malheureusement, pétitions et diverses actions restent sans suite : je replonge dans les oubliettes !
En 1989, j’y crois pour de bon. Le Rectorat accepte la création d’un lycée polyvalent de 800 élèves et le Conseil Régional inscrit le lycée de Bagneux dans son plan annuel d’investissement. Enfin, je ne suis plus un fantôme qui n’accueille que des courants d’air ! Je vais vraiment exister et pouvoir accueillir tous ces jeunes de Bagneux qui courent dans d’autres communes pour poursuivre leurs études ou qui se retrouvent au LEP faute de places en enseignement général.
C’était trop beau : 3 ans après, je ne suis plus reconnu qu’en tant qu’annexe d’un lycée déjà existant, par exemple le lycée Lakanal. Pas de chance pour les jeunes de Bagneux et me revoilà qui replonge dans le grand Lac de l’Oubli pour 24 ans !…
2013 : Annonce de la création à Bagneux d’un lycée de 1000 à 2000 places par la Région Ile-de-France. Me voilà enfin qui remonte à la surface ! Je vais pouvoir accueillir les enfants dont les parents me réclamaient déjà en 1988 !!!
Énorme déception : retour à l’idée d’une annexe au lycée Lakanal !!! Écœuré je re re…replonge dans les carrières inondées de Bagneux. Ça me change un peu !
En 2023, dix ans après, la Région Île-de-France vote 8 millions de crédits pour l’étude d’un projet de construction d’un établissement de 1 220 places dans le quartier des Mathurins à Bagneux.
2024 : Jury de concours d’architecte
2025 : Échanges sur le projet pédagogique du futur lycée entre la Municipalité, la Région et le Directeur d’Académie de l’Éducation Nationale.
Mais…PLOUF !!! en mars 2026, annulation, 3 jours avant, du second jury d’architectes ! Le terrain des Mathurins n’a pas été dépollué par la ville de Bagneux. Trop, c’est trop !!! Ça devient de l’acharnement fantomatique !
1ère question : Les terrains d’où sont sortis les bâtiments des nouveaux quartiers des Mathurins ont-ils fait l’objet d’une étude de pollution ?
2ème question : Qui dit « pollueurs » dit « payeurs » et on ferait payer la dépollution aux habitants de Bagneux qui n’y sont absolument pour rien ?
3ème question : Les choix de l’Éducation Nationale seraient-ils devenus plus élitistes ? On accorderait plus facilement des établissements d’enseignement à des communes de classes moyennes et supérieures plutôt qu’à des communes dites « populaires » ? Les jeunes de ces dernières se heurtent alors à des conditions d’études plus difficiles et très décourageantes, parfois, pour obtenir les spécialités qu’ils souhaitent ou se hisser aux niveaux qu’ils méritent.
Épilogue
Je suis le plus célèbre fantôme des Hauts-de-Seine et toujours à Bagneux. 70 ans de coopération avec trois Maires et leurs concitoyens, trois générations de parents qui voulaient pour leurs enfants de bonnes et belles études dans un lycée public et laïc de proximité. Les fantômes sont éternels jusqu’à ce qu’on leur donne une existence réelle : alors, gens de Bagneux, des Hauts-de-Seine ou d’ailleurs, reprenez la lutte pour que je devienne un VRAI LYCÉE À BAGNEUX !!!
N.B : Depuis quelque temps, des étudiants protestent dans les rues. Ça vous étonne ?
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Photo (C) Pellicam-Ville de Bagneux
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