« Une parenthèse enchantée »

En raison des conditions météorologiques, la manifestation « Un été pas comme les autres » a dû être annulée, hier, vendredi 31 juillet 2020.

Carmen s’étant inscrite par internet à notre animation Adultes, nous lui avons proposé une écriture à distance qu’elle a acceptée avec enthousiasme. Nous avons le plaisir de partager ici sa micro-fiction, rédigée en trente minutes… un moment de l’été 1969   ! 

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Une parenthèse enchantée
Par Carmen

Il leur fallait s’acquitter de cette tâche douloureuse. Paul, Julie, s’affairaient à vider l’appartement de leur mère, récemment disparue. 

Au fond de la grande armoire de sa chambre, ils mirent la main sur un coffret fermé à clé. Aucune trace de celle-ci pour ouvrir l’intrigant objet. Que pouvait-elle bien renfermer, cette cassette dont ils ignoraient l’existence jusqu’à ce jour. Paul, un brin bricoleur, fit sauter la serrure à l’aide inopinée d’une fourchette. Leur curiosité était à bout. A l’intérieur, des tickets de cinéma, des lettres jaunies et une photographie de leur mère et d’un homme inconnu. Au dos, un lieu, une date et un prénom. Belle-Île, été 1969, Julien.

1969, ils savaient qu’Armstrong avait posé le pied sur la lune, que c’était une année érotique mais pas que leur mère ait pu avoir une aventure. D’autant qu’elle était déjà mariée à leur père et que Paul avait soufflé sa première bougie. Julie ouvrit une des lettres qui menaça de s’effriter sous ses doigts.

«  Mon cher et tendre amour, 

Trois mois déjà depuis que tu es rentrée à Paris. Et moi, je meurs sur cette plage où nous nous sommes tant aimés. Pourquoi es-tu partie ? Je t’aurais gardée avec tous tes bagages quels qu’ils aient été. Toi et moi aurions fait éclater le soleil avec notre bonheur. Il ne me reste plus que ton ombre qui me suis à chaque pas … »

Julie ne put aller plus loin dans sa lecture. Elle tendit la lettre à Paul qui continua à lire la lettre d’amour que leur mère avait reçu d’un autre homme que leur père.

En larmes, Julie venait de comprendre la différence qui la poursuivait depuis toujours. Cette prématurité qu’on lui avait assénée pour expliquer le moment curieux de sa naissance. Toutes ces choses qu’elle ressentait sans bien savoir pourquoi.

Cet été 1969 fut la parenthèse enchantée de leur mère. Un été de tous les dangers. Une saison au paradis.

 

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