« Histoires d’objets : Souvenirs, souvenirs »

Pour libérer les imaginaires, Annie, animatrice d’A Mots croisés a emprunté quelques objets à l’association Les Amis de Bagneux qui s’attache à préserver le patrimoine de Bagneux et des Balnéolais. C’est l’un de ces trésors qui interpelle Nicole, une habituée de l’écriture puisqu’elle se plaît à raconter, dans des cahiers, ses souvenirs à ses enfants – tout comme l’a fait son grand-père, il y a quelques années.

« Souvenirs, souvenirs » par Nicole

En venant à un atelier d’écriture, j’étais loin de penser que j’allais me retrouver nez à nez avec un objet complètement perdu de vue depuis 70 ans !

J’ai peine à le soulever. Il est bien rouillé de partout I Sa base en ogive a dû travailler fort : le fer n’est plus lisse, mais criblé de trous qui donnent un peu de gaité au marron sinistre de l’ensemble. Sa poignée est bien ajustée à ma main comme autrefois, mais contrairement à ceux que je connaissais, le dessus du socle est gravé : un écusson, le mot « gendarme » et le numéro 6 ! Quel programme que cet ancien fer à repasser en fonte et quel bond en arrière !

Me revoilà dans l’atelier de couture de mon grand-père découvrant ces curieux engins. Celui que je viens de retrouver fait partie des plus larges, des plus lourds pour aplatir des épaisseurs de tissus feutrés, peut-être celles des uniformes de gendarmes ?

Dans l’atelier de couture, les fers sont plus légers, plus fins, et leur patine encore bien luisante valse sur des linges plus fins. Ils sont posés sur les ronds de la cuisinière, en fonte, elle aussi. Pour les prendre sans se brûler, il faut poser une sorte de manchon épais sur la poignée du fer. Ensuite il faut approcher la semelle du fer de votre joue pour sentir s’il est à la bonne température : sinon, brûlure ou inefficacité garantie ! Et me voilà en route pour repasser des napperons que les brodeuses viennent d’échantillonner. Erreur de débutante… Il faut les repasser sur l’envers pour faire ressortir les broderies de coton DMC. « DMC » …là aussi tout un programme ! L’atelier déborde de couleurs en dégradés : des laines, des cotons, des soies en pelotes, en tresses, en bobines, un camaïeu de couleurs géométriques !

De retour chez moi, je plonge dans la malle aux vieux souvenirs. Je sais que je ne retrouverai pas le régiment des fers à repasser, mais, après avoir tout retourné, je redécouvre, émue, presqu’aux larmes, les dessins du grand-père sur des papiers jaunis.

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